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L'épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest suscite l'inquiétude de spécialistes

04/04/2014 08:33 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

L'épidémie en cours en Afrique de l'Ouest de fièvre hémorragique, en partie due au virus Ebola, suscite l'inquiétude des spécialistes interrogés par l'AFP.

Cette épidémie "est grave parce qu'elle n'est pas encore sous contrôle a priori et parce qu'il y a une grande dispersion des patients", explique le médecin français Sylvain Baize, qui dirige le Centre National de Référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales, basé à Lyon.

"Je suis très inquiet parce que je pense qu'on ne sait pas encore comment le virus est venu dans la région et on ne connaît pas la dimension de la zone infectée", souligne de son côté Thomas Geisbert, spécialiste de fièvres hémorragiques à la branche médicale de l'Université du Texas (UTMB).

Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest étaient mobilisés vendredi contre l'épidémie de fièvre hémorragique ayant fait plus de 80 morts en Guinée, dont un peu plus de la moitié dus à Ebola, alors que des cas suspects ont été signalés dans les pays voisins, au Liberia, en Sierra Leone et plus récemment au Mali.

Le cas suspect d'un chasseur décédé au Liberia qui n'aurait eu aucun contact avec d'autres cas de fièvre hémorragique "pose des questions", a estimé vendredi M. Baize.

Si ce cas est confirmé et s'il s'avère que cet homme n'a pas eu de contact antérieur avec d'autres malades, cela pourrait être le signe que le virus Ebola "circule de manière massive dans la forêt par l'intermédiaire des chauves-souris et qu'il y a peut-être une épidémie en cours chez les grands signes", selon M. Baize.

Comme pour beaucoup d'autres virus, les chauves-souris sont "très probablement" le réservoir naturel du virus Ebola: ces animaux "se portent très bien" avec le virus et le transmettent autour d'eux.

"L'hypothèse la plus probable est que l'épidémie (en Afrique de l'Ouest, ndlr) soit liée à l'introduction du virus par l'intermédiaire des chauve-souris mais cela reste à démontrer", commente encore M. Baize, ajoutant toutefois que d'autres hypothèses sont "possibles" .

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