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La Norvège veut "verdir" son énorme fonds souverain

04/04/2014 08:01 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement norvégien a proposé vendredi de quasi doubler les placements bénéfiques à l'environnement réalisés par son fonds souverain, le plus grand au monde, pour les porter à un montant jusqu'à 50 milliards de couronnes (6 milliards d'euros).

Dans son Livre blanc annuel sur la gestion de son énorme bas de laine, le gouvernement de droite suggère aussi de profondément modifier la distribution des responsabilités éthiques, en concentrant la plupart des prérogatives dans ce domaine dans les mains de la banque centrale.

Alimenté par les revenus pétroliers de l'État, le fonds, communément appelé "fonds pétrolier", pèse aujourd'hui 5.122 milliards de couronnes (623,5 milliards d'euros) investis hors de Norvège en actions, obligations et, dans une moindre mesure, dans l'immobilier.

La Banque de Norvège, chargée de sa gestion, est aujourd'hui autorisée à investir entre 20 et 30 milliards de couronnes dans des actifs ayant trait à la protection de l'environnement.

Cette part pourra être pratiquement doublée pour atteindre entre 30 et 50 milliards de couronnes, a annoncé vendredi la ministre des Finances, Siv Jensen.

Ce niveau reste toutefois très éloigné des attentes des organisations de défense de l'environnement qui réclamaient que 5% de la valeur du fonds, soit 255 milliards de couronnes actuellement, soient placés dans des infrastructures contribuant à lutter contre le changement climatique, comme l'éolien et le solaire.

Le Livre blanc propose aussi de donner à la Banque de Norvège davantage de prérogatives en matière d'éthique, en lui permettant notamment de décider elle-même des entreprises exclues de son univers d'investissement.

Aujourd'hui, c'est le ministère des Finances qui décide d'une telle exclusion sur recommandation d'un conseil éthique consultatif, la Banque de Norvège n'ayant d'autre choix que de s'exécuter.

Transférer ces responsabilités à la banque centrale - dans le cadre d'un mandat éthique qui resterait défini par le gouvernement - permettrait au fonds de "parler d'une seule voix" à l'étranger et d'éviter que les décisions d'exclusion n'y soient perçues comme relevant de la politique étrangère, a fait valoir Mme Jensen.

Les premières réactions des partis d'opposition ayant été plutôt négatives, il n'est pas sûr que cette proposition soit adoptée au Parlement, où le gouvernement est minoritaire.

phy/hh/phv

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