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La crise ukrainienne éloigne la perspective d'une rencontre pape / patriarche russe (patriarcat)

04/04/2014 02:14 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

La crise ukrainienne, dans laquelle émerge une "nouvelle croisade contre l'orthodoxie", éloigne la perspective d'une rencontre entre le patriarche russe Kirill et le pape François, affirme le représentant du patriarcat pour les relations extérieures dans un entretien publié vendredi.

"Les événements nous ont repoussés loin en arrière" dans la préparation de cette rencontre, sur laquelle le patriarcat de Moscou et le Vatican tentent de s'entendre depuis des années, déclare le métropolite Ilarion dans cet entretien publié sur le site du patriarcat.

"C'est dû essentiellement aux agissements des gréco-catholiques, que l'Eglise catholique romaine considère comme un pont entre Orient et Occident, mais que nous voyons comme un obstacle sérieux au dialogue", ajoute-t-il dans l'entretien accordé au journal américain National Catholic Register.

L'Église gréco-catholique ukrainienne, qui observe le rite byzantin mais est rattachée au Vatican, était interdite à l'époque soviétique avant de devenir la troisième plus grande confession en Ukraine après l'indépendance de ce pays en 1991. Le patriarcat russe l'accuse d'être l'instrument du prosélytisme catholique.

"Dans la confrontation civile actuelle (en Ukraine), les greco-catholiques ont aussitôt adopté la position d'une des parties", poursuite le métropolite Ilarion.

"Le chef de l'Eglise greco-catholique ukrainienne, de concert avec celui du soi-disant patriarcat de Kiev (...) a appelé les autorités américaines à se mêler de la situation et à mettre de l'ordre en Ukraine", ajoute-t-il.

"Il s'agit en substance d'une nouvelle croisade contre l'orthodoxie", affirme encore le représentant du patriarcat de Moscou.

L'orthodoxie en Ukraine est partagée entre le patriarcat de Kiev, qui revendique plusieurs millions de fidèles, et le patriarcat de Moscou.

Le chef du patriarcat de Kiev, le patriarche Filaret, a appelé en mars ses compatriotes à s'unir contre "l'agresseur".

lpt/mr

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