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La Centrafrique "regrette" la décision de retrait du contingent tchadien

04/04/2014 05:12 EDT | Actualisé 04/06/2014 05:12 EDT

Les autorités centrafricaines ont fait part vendredi de leur "regret", après l'annonce du retrait du contingent tchadien de la force de l'Union africaine en Centrafrique (Misca), dans un communiqué publié à Paris.

"Nous venons d'apprendre avec beaucoup de regret l'annonce (...) du retrait de la République centrafricaine des troupes tchadiennes de la Misca", a déclaré le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo-Doudou dans un communiqué transmis par l'ambassade de RCA à Paris.

Le ministre centrafricain, en escale à Paris après le sommet UE-Afrique qui se tenait mercredi et jeudi à Bruxelles, souligne que cette décision, qui survient après la mise en cause de soldats tchadiens dans la mort de civils à Bangui, "a été prise en toute souveraineté par le gouvernement tchadien".

Acteur-clé de la crise centrafricaine et incontournable puissance régionale, le Tchad, l'un des principaux fournisseurs de la Misca, a annoncé jeudi le retrait de ses 850 soldats de Centrafrique, dénonçant une "campagne malveillante" à leur encontre.

Cette annonce survient après la mort d'au moins 24 civils à Bangui le week-end dernier, tués par des soldats tchadiens. Il s'agit de l'incident le plus grave impliquant des troupes étrangères en Centrafrique depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé par la Séléka, une coalition à dominante musulmane appuyée par le Tchad.

Les soldats tchadiens ont été accusés à plusieurs reprises depuis l'arrivée au pouvoir de la Séléka de passivité face à leurs exactions, voire de connivence - certains étaient Tchadiens. N'Djamena a toujours démenti avec force et reçu le soutien appuyé de l'UA et de la France pour son engagement en Centrafrique.

Le Tchad est "un pays frère qui a entretenu et continue d'entretenir des liens d'amitié et de fraternité avec la République centrafricaine et qui nous a fortement accompagnés et a payé un lourd tribut dans ce processus", a souligné vendredi M. Kongo-Doudou.

"Nous sommes rassurés que le Tchad continuera à accompagner (la Centrafrique) en tant que partenaire dans le processus de la promotion de la paix et de la stabilité", a-t-il ajouté.

"Partageant une longue frontière commune, nous formulons l'espoir que ces relations continueront à se renforcer davantage, dans le respect mutuel et dans l'intérêt de nos populations respectives", a-t-il noté.

alc/thm/aub

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