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Hongrie: un nouveau système électoral au service de Viktor Orban

04/04/2014 12:45 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Appliqué pour la première fois lors du scrutin législatif du 6 avril, le système électoral hongrois, remanié unilatéralement par le parti conservateur Fidesz, paraît taillé sur mesure pour lui faciliter la victoire.

Les grands traits de la réforme: le nombre des députés est presque divisé de moitié - de 386 à 199 représentants-, les circonscriptions sont redécoupées, le deuxième tour est supprimé, une victoire à la majorité relative est suffisante pour l'emporter et les Hongrois de souche vivant en Roumanie ou Slovaquie, considérés comme favorable au Fidesz, peuvent voter.

Selon plusieurs études, l'application du système signifiera que si l'alliance de la gauche menée par les socialistes fait jeu égal avec le Fidesz, elle perdra quand même les élections.

Pour gagner, elle devra obtenir 6% de voix supplémentaires, selon les calculs du think tank de Budapest Political Capital.

Le Premier ministre Viktor Orban pourrait facilement obtenir la majorité des deux-tiers au Parlement, avec moins de 50% des voix, souligne de son côté la politologue américaine de l'université de Princeton Kim Lane Scheppele, auteure d'une étude récemment présentée à Budapest.

En 2010, il avait recueilli cette "super-majorité" avec 52,7% des votes.

Le redécoupage des circonscriptions est la mesure phare de cette réforme.

Les Hongrois vont voter à la fois pour un candidat de leur circonscription -106 au total- et pour une liste nationale d'une formation politique, soit 93 sièges distribués à la proportionnelle pour les partis ayant dépassé le seuil des 5% des voix.

Le poids des circonscriptions a augmenté: 53% des députés seront choisis localement, contre 46% dans l'ancien système, précise Robert Laszlo de Political Capital.

Or ces dernières ont été redessinées par le Fidesz, à son avantage. Les circonscriptions "rouges" du parti socialiste ont été diluées dans les voisines "oranges", couleur du Fidesz.

Les votes du parti arrivé second dans les circonscriptions seront, comme avant, ajoutés aux voix obtenues par ce parti au niveau national. Mais le parti victorieux obtiendra désormais aussi un bonus, représentant la différence entre le total des votes qu'il a obtenu et le nombre de voix qui aurait été suffisant pour l'emporter."Une compensation pour le vainqueur", qui favorise le parti le plus fort, note Robert Laszlo, actuellement le Fidesz.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a envoyé une mission pour surveiller le bon déroulement des élections, a fait état récemment d'inquiétudes au sujet du système électoral. Elle a aussi relevé des craintes concernant l'impartialité de la Commission électorale, composée de sept membres, tous issus du Fidesz.

ilp/cs/abl

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