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Élections 2014 - Baisses d'impôts: Pauline Marois se défend de recourir à la pensée magique (VIDÉO)

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LAVAL, Qc - La chef péquiste Pauline Marois s'est défendue, vendredi, de recourir à la «pensée magique» en promettant des baisses d'impôt lorsque des surplus budgétaires réapparaîtront.

Lors d'un point de presse, Mme Marois a reconnu que le dernier budget de son gouvernement, présenté en février, était muet sur le sujet.

Mais la chef péquiste croit qu'il est possible de dégager davantage de surplus que prévu grâce à ses politiques de création d'emplois et de croissance de l'économie.

Dans son budget, déposé en février, le gouvernement du Parti québécois prévoyait un retour à l’équilibre budgétaire au terme de l’exercice 2015-2016.

Mme Marois a annoncé jeudi que sa promesse de baisser les impôts serait parmi les priorités de son gouvernement, sans être la première à son ordre du jour.

Vendredi, la chef péquiste s'est défendue d'avoir sorti cette promesse en toute fin de campagne pour tenter de regagner du terrain sur les libéraux, qui seraient en tête selon certains sondages.

Selon Mme Marois, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait lui-même déjà évoqué cette hypothèse avec des représentants de chambres de commerce et du Conseil du patronat, lors d'un débat le 14 mars dernier.

«J'ai dit ça très simplement parce que c'est ça qu'on pense depuis le début, a-t-elle dit. On ne pense pas que c'est de la pensée magique.»

Dans son budget, le PQ voulait utiliser tous les surplus budgétaires prévus de 2016-2017 à 2018-2019 pour réduire la dette et verser des contributions supplémentaires de 425 millions $ par année au Fonds des générations, un engagement maintenu vendredi par Mme Marois malgré sa promesse de baisses d'impôts.

«Tout ce qui est dans le budget sera respecté, a dit Mme Marois vendredi. Et nous ne faisons pas de fausses promesses.»

Selon la chef péquiste, il est possible de hausser les revenus de l'État au-delà des prévisions du budget de février dernier, ce qui pourrait ultimement soutenir l'allègement du fardeau fiscal des Québécois.

«Nous sommes confiants que nous pourrons faire croître l'emploi, faire croître l'économie québécoise, avec toutes les politiques que nous avons mises de l'avant et nous pourrions donc générer davantage de surplus», a-t-elle dit.

Alors que Mme Marois avait amorcé sa campagne avec la publication de nouvelles données concernant des pertes d'emplois, pour le mois de février, la chef péquiste a pu s'encourager avec une hausse en mars, selon les plus récents chiffres de Statistique Canada.

«Je crois que la confiance est revenue au Québec, c'est assez clair, a-t-elle dit. Nos politiques en matière d'emploi ont certainement donné un petit coup de pouce et c'est pour ça qu'on veut continuer à servir les Québécois.»

Après avoir diminué en février, l'emploi au Québec a légèrement augmenté de 15 000 en mars, et le taux de chômage s'est fixé à 7,6 pour cent, comparativement à 7,8 pour cent le mois précédent.

Le 7 mars dernier, deux jours après avoir déclenché la campagne électorale, Mme Marois avait attribué la perte de 26 000 emplois, en février, à la volatilité des données mensuelles sur l'emploi.

La caravane électorale péquiste a amorcé sa journée à Laval dans une gare de train de banlieue de la circonscription de Sainte-Rose, puis à la station de métro Cartier, dans Laval-des-Rapides, des comtés détenus par le PQ.

En compagnie de ses candidats Suzanne Proulx et Léo Bureau-Blouin, Mme Marois a serré la main de passagers, dont Soufiane Tirig, un étudiant de secondaire cinq qui votera pour la première fois lundi, lendemain de son 18e anniversaire.

M. Tirig a expliqué à la chef péquiste que sa mère, une travailleuse dans un centre de la petite enfance (CPE) portant le hijab, s'inquiétait des conséquences de l'application éventuelle de la charte des valeurs, qui lui interdirait le port de signes religieux.

«Elle est très inquiète, a-t-il dit. Lors des dernières élections elle a voté pour vous, parce qu'elle a aimé vos réformes pour les CPE. Mais maintenant elle est très sceptique sur le fait que vous allez appliquer la charte.»

Mme Marois a répété qu'une période de transition est prévue pour aider les employés de la fonction publique et parapublique à s'adapter.

«Dites-lui qu'elle peut nous faire confiance», a-t-elle dit.

Mme Marois et son équipe de campagne se sont arrêtés à Lac-Mégantic pour l'ouverture d'un magasin de chaussures relocalisé à la suite de l'incendie qui a fait 47 morts l'été dernier.

Sur place, la chef péquiste a été accueillie par la mairesse Colette Roy-Laroche, invitée elle aussi sur place par le propriétaire du commerce.

Après sa visite du commerce, Mme Marois, qui était accompagnée par sa candidate Isabelle Hallé, a confié qu'elle était encore émue quand elle est arrivée par la route vers Lac-Mégantic.

«J'avais un petit peu le motton, j'ai encore ça, a-t-elle dit aux journalistes. Et je suis très, très fière surtout de venir appuyer ma candidate, qui a été l'une des artisanes de la relance.»

Mme Marois a affirmé qu'elle prenait bien garde d'exploiter politiquement sa gestion du drame qui s'est produit dans la municipalité de 6000 habitants, qui fait partie de la circonscription de Mégantic, représentée par les libéraux.

«Je crois qu'on a bien pris soin des gens d'ici, on a essayé d'être très prudents pour ne pas exploiter cet événement et je pense qu'on fait ça sobrement aujourd'hui», a-t-elle dit.

Bien que présente aux côtés de la chef péquiste, Mme Roy-Laroche a refusé de parler aux médias.

À Sherbrooke, Mme Marois a participé aussi à des événements dans deux circonscriptions, notamment Saint-François, où son ministre de la Santé, Réjean Hébert, tente de se faire réélire.

Dans un discours devant des militants, Mme Marois a prévenu que le retour des libéraux au pouvoir empêcherait les péquistes d'aller de l'avant avec leur projet de réforme de la charte de la langue française et de charte de la laïcité.

«La seule façon d'empêcher le pire, c'est de voter pour le Parti québécois», a-t-elle lancé.

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