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«9 mois ferme»: Albert Dupontel jugé coupable de drôlerie (PHOTOS/VIDÉO)

04/04/2014 09:21 EDT | Actualisé 04/04/2014 09:26 EDT

En France, le nouvel ovni d’Albert Dupontel a fait un tabac réunissant plus de deux millions de spectateurs. Gagnant de deux Césars, cette comédie survoltée qui réunit l’acteur-cinéaste et Sandrine Kiberlain transforme les rouages de la justice en un gros cirque burlesque jubilatoire. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le réalisateur de 49 ans.

Malgré les succès, on apprend que le film a passé près de ne jamais voir le jour. Une aventure laborieuse selon Dupontel. Prenant à la lettre le conseil de Terry Gilliam (ancien membre des Monty Python) qui un jour lui avait dit «qu’un échec en anglais voyage mieux qu’un succès en français», le réalisateur de Bernie s’envole pour Londres afin de rencontrer l’actrice Emma Thompson intéressée par le rôle principal de la juge. Et puis, tout se corse.

«Au départ, je voulais réaliser le long métrage en anglais, car j'ai une culture de cinéma anglo-saxonne. Mais la production s’est vite révélée compliquée. On avait beaucoup moins d’argent et je n’avais pas une totale liberté d’action. Je ne pouvais pas accepter ces conditions.»

De retour en France, c’est la déprime. Dupontel se souvient: «J’ai rencontré une pléiade d’actrices et je n’ai jamais trouvé ce que je voulais. Rien ne collait. J’étais sur le point de tout arrêter, car je pensais sincèrement que le rôle n’existait pas, qu’il était virtuel. Et puis, on a fait des essais avec Sandrine Kiberlain. Tout d’un coup, elle est venue apporter l’émotion que je cherchais. Elle a endossé son personnage avec une grande sensibilité.»

Le récit extravagant de 9 mois ferme est celui d’Ariane Felder (Kiberlain), une juge d’instruction de 40 ans austère et célibataire endurcie qui se retrouve enceinte après avoir couché avec un inconnu (Dupontel). Elle mène sa propre enquête afin de connaître l’identité de cet homme qui l’aurait séduite lors d’une soirée bien arrosée durant les festivités du Nouvel An. C’est avec stupéfaction qu’elle découvre l’identité du père: un psychopathe tueur en série dont elle doit assurer à ses dépens la défense.

«Mes personnages sont perdus, c’est un point commun dans tous mes films. Ils sont à la dérive, mais ils ne le savent pas toujours. Parfois, c’est évident et d’autres fois non. En apparence, tout va bien pour la juge. Elle vit une carrière brillante. Pourtant, humainement, elle est perdue. Elle n’a plus aucun repère sensuel ou affectif. Au fond, c’est elle le monstre et non le soi-disant criminel.»

Dupontel ne se considère pas comme un véritable auteur de comédie. Pourtant, il sait qu’avec un tel scénario, il peut aborder les angoisses d’une manière «guignolesque» en exorcisant les thèmes abordés.

«Je me vois comme un auteur habité par ses névroses et l’une d’elles est d’avoir toujours eu peur de me retrouver victime d’une erreur judiciaire. J'ai donc décidé d'en faire un film.»

Loin d’être un pamphlet sur la justice, 9 mois ferme est d’abord une histoire d’amour improbable entre une juge et un accusé. «En ce qui me concerne, le film n’est pas une comédie pure. Je le vois plutôt comme un drame habillé de touches comiques, à la manière de Chaplin ou de Molière, toutes proportions gardées. Si le public a décidé d’en rire, eh bien, tant mieux. C’est une idée qui me plait aussi.»

L’entrevue a été réalisée grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

9 mois ferme – Métropole Films Distribution – Comédie – 82 minutes – Sortie en salles le 4 avril 2014 – France.

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