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Spectacle-bénéfice : entrevue avec Gab Roy

03/04/2014 05:01 EDT | Actualisé 03/04/2014 05:02 EDT
Agence QMI

«Je ne vous demande pas d’aimer ce que je fais. Je vous demande juste de respecter le droit que j’ai de le faire. C’est tout.»

Gab Roy occupe actuellement tout son temps à préparer sa défense dans la poursuite de 300 000$ intentée contre lui par Mariloup Wolfe. Ce vendredi, 4 avril, le blogueur convient tous ceux qui l’appuient à un spectacle-bénéfice intitulé Gab Roy VS la planète au Club La Mouche, à Montréal. L’événement constituera en un bien-cuit où plusieurs têtes d’affiche du web, parmi lesquels Mathieu St-Onge (alias Madame Coucoune), Mathieu Bonin, Jonathan Drouin et d’autres, défileront sur scène pour crier ses quatre vérités à Gab Roy. Ce dernier prendra probablement la parole dans la deuxième partie de la soirée.

Les billets seront disponibles au coût de 20$ à la porte le soir même. L’argent de la vente servira en premier lieu à couvrir les dépenses liées au rassemblement, et le reste des profits sera alloué à la défense de Gab Roy. Ceux qui offriront une prestation le feront gratuitement, et Gab Roy ne demandera aucun don supplémentaire à ses supporteurs.

«J’ai déjà eu beaucoup d’offres de dons et je suis très mal à l’aise avec ça», siffle-t-il.

Évidemment, le controversé personnage admet que le rendez-vous ne plaira peut-être pas à tous. Les blagues seront corrosives, et le ton, dans la lignée du style auquel il nous a lui-même habitué.

«Je ne peux pas parler pour ceux qui vont être là, mais ça devrait ressembler aux vidéos. Il pourrait y avoir quelques gros mots… On va avoir un bon moment», illustre sommairement Gab Roy.

Père de deux filles

Avec cette activité, Gab Roy souhaite prôner «la liberté artistique». L’homme de 33 ans est conscient que son type d’expression en dérange plusieurs («Je ne cherche pas à atteindre le grand public», insiste-t-il), mais il espère calmer la crainte qui s’est installée depuis que la poursuite contre lui défraie les manchettes. On sait que des propriétaires de salle ont annulé son passage dans leur établissement dans les dernières semaines, et Gab Roy a perdu tous les commanditaires qui lui permettaient d’opérer son site, LeVraiGabRoy.com.

«J’aimerais bien sûr aider à financer ma défense, mais aussi prouver à tous les producteurs qu’ils n’ont pas à craindre un spectacle de Gab Roy. Il y a une paranoïa, présentement, dans les salles où je me produis habituellement, depuis l’histoire de la poursuite. Et pourtant, il n’y a jamais eu de problèmes dans mes spectacles…»

Pour la petite histoire, depuis cinq ans, Gab Roy gagnait jusqu’à tout récemment sa vie avec les vidéos qu’il concevait pour le web et ses présentations sur scène, un peu partout en province. «On peut dire que j’ai été l’instigateur du mouvement vlog in au Québec », précise-t-il. Il n’a fréquenté aucune école à vocation créative ou artistique. Auparavant, il a été charpentier-menuisier pendant dix ans, un métier qu’il pourrait à nouveau considérer de pratiquer une fois l’affaire contre Mariloup Wolfe réglée. D’ailleurs, Gab Roy n’a aucune idée de la façon dont se dessine son avenir; il ignore s’il persistera dans sa carrière «d’agitateur» ou s’il se retirera définitivement.

Et celui qu’on pointe du doigt depuis des mois pour ses plaisanteries axées notamment sur le viol et la pédophilie est papa de deux fillettes de 11 et 4 ans. N’y a-t-il pas là contradiction?

«C’est comme demander à quelqu’un s’il est à l’aise de jouer le rôle d’un tueur ou d’un violeur, plaide Gab Roy. C’est de la théâtralité. Ma plus vieille est consciente de ce qui se passe. Elle comprend le deuxième degré de l’expression artistique. Ma plus jeune, elle, n’est pas en âge de s’en soucier.»

Solidarité

Outre ses enfants – qu’il tente de protéger le mieux possible du tollé médiatique qui l’entoure -, Gab Roy estime qu’il peut compter sur le soutien d’un grand bassin d’admirateurs pour traverser l’épreuve qu’il vit en ce moment. Il spécifie que 300 personnes sont attendues à son événement-bénéfice de vendredi. Des personnalités comme Mike Ward et Nathalie Petrowski ont aussi défendu haut et fort non pas ses propos contre Mariloup Wolfe, mais son droit d’exercer librement son genre.

«Dans mon public, il y a une solidarité qui s’est forgée autour de moi… Grâce, peut-être, au lynchage médiatique que j’ai subi.»

Enfin, en ce qui concerne Mariloup Wolfe, Gab Roy juge s’être suffisamment excusé.

«Je n’ai rien à dire par rapport à ça. Mes excuses ont été faites et refaites. Ça tient toujours. Si je l’ai blessée, je suis désolé. Je ne cherche pas à faire mal au monde.»

Le procès de Gab Roy s’ouvrira le 10 avril prochain. On apprenait le 8 mars dernier que Mariloup Wolfe avait déposé une poursuite de 300 000$ contre lui en réponse à un billet de blogue grossier la concernant, que Gab Roy avait publié en octobre. Les montants éventuellement obtenus de cette poursuite seront versés à des organismes œuvrant contre la violence envers les femmes.

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