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Novartis fait le ménage dans sa direction au Japon après plusieurs scandales

03/04/2014 03:56 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Le géant pharmaceutique suisse Novartis a balayé son équipe de direction au Japon et promis "un changement culturel" après une série de scandales de manipulation de données sur des médicaments.

Le chef de sa division mondiale de médicaments, David Epstein, est venu en personne à Tokyo annoncer le renvoi de trois hauts dirigeants de ses activités nippones: la numéro un de Novartis Holdings Japan, Hiroko Ishikawa, celui de Novartis Pharma (branche médicament), Yoshiyasu Ninomiya, et le chef de sa branche d'étude sur les cancers, Kazuo Asakawa.

L'éviction est d'autant plus cinglante que ces trois Japonais ont été remplacés par trois étrangers: Michael Ferris à la tête de Novartis Holdings, Dirk Kosche chez Novartis Pharma et Francis Bouchard pour la branche oncologie.

M. Epstein a justifié cette mesure radicale par la nécessité d'opérer "un changement culturel" dans ses filiales japonaises minées par les scandales. "Il faut reconstruite avec cette direction un nouveau Novartis Pharma", a-t-il insisté.

La révélation d'une nouvelle affaire de trucage de données fut la goutte qui a fait déborder le vase pour le géant de Bâle, soucieux de mettre un terme à des pratiques qui ont fortement nui à son image au Japon et risquaient de porter ombrage à sa réputation ailleurs.

Un comité de juristes extérieurs désigné par le groupe vient en effet de dénoncer l'implication de salariés du groupe dans des essais cliniques de traitements contre la leucémie. Non seulement ces recherches n'auraient dû être conduites que par des médecins externes, mais le comité a trouvé deux cas de manipulation de résultats laissant apparaître des effets secondaires chez des patients.

"C'est un comportement inacceptable et une violation claire du code de conduite de Novartis", a fustigé M. Epstein lors d'une conférence de presse, précisant que "quelques" autres employés au Japon avaient été aussi renvoyés.

- "Publicité mensongère"-

Le comité d'enquête avait été désigné à la suite d'un précédent scandale, justement pour faire la lumière sur les pratiques de Novartis vis-à-vis des essais cliniques au Japon.

"Nous pensons que cette investigation encore inachevée pourrait faire ressortir d'autres problèmes sur des essais cliniques différents", a prévenu le groupe dans un communiqué.

Le premier scandale avait éclaté l'an dernier, lorsque deux universités japonaises avaient dénoncé la manipulation de résultats cliniques réalisés sous leur égide à propos du médicament contre l'hypertension Diovan (ou Valsartan).

Un chercheur de Novartis avait participé à ces recherches en cachant son affiliation, et maquillé les résultats pour affirmer que ce remède était non seulement efficace contre l'hypertension artérielle mais aussi contre les angines de poitrine et attaques cérébrales.

Novartis Pharma avait utilisé ces résultats pour promouvoir ce médicament, commercialisé sous le nom de Diovan au Japon où il génère plus de 100 milliards de yens (700 millions d'euros) de revenus annuels. Ce produit est proposé au total dans plus d'une centaine de pays.

Le gouvernement japonais a porté plainte en début d'année contre cette filiale pour "publicité mensongère et exagérée" et des perquisitions ont été menées dans ses bureaux. Aucune inculpation n'a été prononcée jusqu'à présent, mais les éventuels fautifs encourent deux ans de prison et 2 millions de yens d'amende (14.000 euros).

"Je vais m'employer à ce que soit mis fin au Japon aux mauvaises conduites et à ce que les essais cliniques soient réalisés dans les règles de l'art", a promis le nouveau patron de Novartis Pharma, M. Koshe.

Comme ses homologues étrangers, le groupe suisse est confronté à une réglementation nippone très stricte et à des études très longues avant de se voir accorder l'autorisation de mise sur le marché japonais de médicaments qui sont parfois employés depuis des années ailleurs.

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