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L'ONU craint une crise sanitaire dans l'ouest de la Birmanie

03/04/2014 08:26 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Plus de 800.000 personnes sont privées d'accès aux soins dans l'ouest de la Birmanie, depuis le départ des travailleurs humanitaires, a averti l'ONU, évoquant le sort de centaines d'enfants privés de soins vitaux.

L'ONU et plusieurs ONG ont dû évacuer des employés de la région de Sittwe la semaine dernière, après que des foules bouddhistes s'en sont pris à leurs bâtiments, les accusant de parti-pris pro-musulman.

Et l'accès aux soins pour 140.000 déplacés vivant dans des camps et plus de 700.000 personnes vulnérables est "sérieusement entravé", a dénoncé Liviu Vedrasco, de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans un communiqué commun avec des organisations humanitaires, publié mercredi soir.

Nombre des personnes déplacées sont des musulmans rohingyas, minorité apatride reconnue par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde et privée de droits en Birmanie.

Quelques 140.000 vivent dans des camps, sur les 800.000 Rohingyas de la région.

Ils dépendent complètement de l'aide humanitaire, tarie depuis que les ONG internationales ont été l'objet d'attaques sans précédent dans la région par des bouddhistes nationalistes.

Des traitements pour plus de 300 enfants souffrant de malnutrition sévère ne sont plus distribués dans la capitale régionale, Sittwe, précise le communiqué de l'ONU.

"Sans le rétablissement immédiat et complet d'un environnement de sécurité permettant de rétablir cette assistance vitale, la situation humanitaire va se dégrader rapidement", précise Kelland Stevenson, responsable en Birmanie de l'ONG Save the children.

C'est la première fois que les humanitaires sont contraints de se retirer de l'Etat Rakhine, après des menaces contre leurs employés, dans le cadre d'une campagne d'intimidation menée par des nationalistes bouddhistes.

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