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Les étudiants manifestent contre l'austérité

03/04/2014 11:30 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Les étudiants sont attendus dans la rue aujourd'hui pour la manifestation annuelle de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE). Ils manifestent contre les mesures d'austérité entreprises par le gouvernement du Parti québécois.

Le départ sera lancé au parc Émilie-Gamelin à Montréal vers 14 h. L'invitation à manifester a été lancée par quinze associations étudiantes, qui représentent quelque 50 000 étudiants et ont obtenu des mandats de grève. Ceux-ci pourront donc manifester sans conséquence sur leur performance académique.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme que l'ASSE a refusé de fournir aux policiers un itinéraire de manifestation. Les policiers vont suivre la situation et réagiront en fonction du déroulement des événements.

Rappelons qu'à Montréal les manifestants doivent fournir à l'avance aux policiers le plan de leurs déplacements, faute de quoi ils contreviennent au règlement P-6 de la Ville de Montréal. Ce règlement oblige aussi les manifestants à manifester à visage découvert.

Selon l'ASSE, il existe des solutions de rechange aux mesures d'austérité imposées par Québec. L'Association propose, entre autres, le rétablissement des 10 paliers d'imposition. Présentement, au Québec, il n'existe que quatre niveaux d'imposition. Selon l'ASSE, plus il y a de paliers d'imposition, plus la répartition des richesses est égalitaire.

« On veut contrer le fait de nous dire qu'il n'y a pas d'autres options, de demander aux gens de faire leur juste part alors qu'il y a des alternatives fiscales plus équitables pour financer nos services publics et injecter des fonds dans les coffres de l'État », avance Justin Arcand, co-porte-parole de l'ASSE. Ce dernier croit que le gouvernement devrait aller « chercher de l'argent dans les poches qui en ont ».

Le regroupement d'associations souhaite également le retour de la taxe sur le capital. Celle-ci consiste en un système de taxation appliqué sur les surplus monétaires des entreprises et des institutions, dont les banques.

« Qu'on soit en campagne électorale ou pas, ils proposent tous la même chose environ, on propose une hausse dans les tarifs et on veut s'opposer à cette manière de gérer l'économie », explique Xavier Dandavino, responsable à la coordination de l'ADEESE.

L'austérité dérange

« Les coupures en éducation qui sont des hausses déguisées, les hausses des frais d'électricité, ça atteint les personnes marginalisées de la population comme les femmes et les gens en situation de handicap physique et cognitif et ça nous paraît comme une idéologie d'oppression », affirme Jasmin Cormier, coordonnateur à la vie étudiante de l'Association facultaire des étudiants et étudiantes en arts de l'UQAM (AFEA-UQAM).

La manifestation était prévue depuis le dépôt du budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau, donc bien avant l'annonce de la campagne électorale. Par contre, M. Cormier souligne que « le hasard fait bien les choses ».

Rappelons qu'il y a deux ans, le printemps érable avait entraîné la suspension des cours de nombreux cégeps et universités. Les étudiants manifestaient alors contre la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement libéral de Jean Charest. Les associations membres de l'ASSE avaient dès lors commencé à manifester contre les mesures d'austérité du gouvernement en place. La commission Ménard a ensuite été mise sur pied pour étudier la suite des événements de 2012.

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