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GP de Bahreïn: Mercedes vise la passe de trois, en nocturne

03/04/2014 06:08 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

L'écurie Mercedes-AMG, déjà victorieuse en Australie et en Malaisie, vise la passe de trois dimanche à Manama, lors d'un Grand Prix de Bahreïn prévu en nocturne pour la première fois et dans un contexte politique troublé, comme chaque année depuis l'annulation de 2011.

Nico Rosberg a ouvert le feu à Melbourne (Australie), puis Lewis Hamilton a tiré une deuxième salve à Sepang (Malaisie) dimanche dernier, confirmant les craintes des rivaux de la marque à l'étoile. Comme lors des deux séances de préparation de la saison 2014, sur ce même circuit bahreini de Sakhir, les moteurs allemands sont encore devant et possèdent une marge d'avance.

Mais Renault et Ferrari n'ont pas encore dit leur dernier mot. Il reste 17 Grands Prix à disputer et Toto Wolff, le grand patron de Mercedes-Benz Motorsport, garde la tête froide: "Nous pouvons être très fiers de ce que nous avons réussi, mais ce n'est pas le moment de nous montrer complaisants. Nous sommes au tout début de ce qui va être une année très exigeante pour tout le monde et nous avons déjà vu que la réussite peut vite changer de camp".

Une menace semble évidente pour les Flèches d'Argent: Red Bull, qui vient de monter deux fois de suite sur le podium, même si Daniel Ricciardo a ensuite été disqualifié à Melbourne, devant son public, et si l'appel de cette sanction sera examiné le 14 avril à Paris par la Fédération internationale de l'automobile (FIA).

- 'Une question de temps' -

"Nous sommes là et c'est le plus important", a dit Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre, après sa 3e place de Sepang. "Mais il y a encore beaucoup de travail à faire car ces deux gars (Hamilton et Rosberg) sont sacrément rapides. On va essayer de les rattraper, c'est juste une question de temps", a-t-il assuré.

On peut faire confiance à Vettel pour mettre sa menace à exécution, surtout qu'il reste sur deux victoires incontestables dans le désert près de Manama. En 2011, la course avait été annulée, au tout début de la contestation chiite contre le régime sunnite de la famille Al-Khalifa. En 2012 et 2013, elle avait finalement eu lieu, servant de haut-parleur mondial aux revendications de l'opposition.

Les organisateurs, très proches de la famille royale, tiennent beaucoup à ce que ce 10e anniversaire se passe bien, mais les protestations ont repris depuis quelques jours, prenant parfois une tournure violente. Début mars, trois policiers ont été tués.

- 'Grand Prix taché de sang' -

Al-Wefaq, le principal groupe d'opposition chiite, a appelé à manifester pacifiquement vendredi, jour de repos hebdomadaire dans les pays musulmans, alors que les 22 pilotes disputeront les essais libres du GP de F1.

Un groupe plus radical, "le Collectif du 14 février", a appelé à défiler dans la capitale, sous le slogan "Empêchez le Grand Prix taché de sang". Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 89 personnes --hors forces de l'ordre-- ont été tuées depuis 2011.

Le chef de la sûreté nationale, le général Tark al-Hassan, a indiqué qu'un "plan minutieusement élaboré serait mis en oeuvre" pour "assurer le succès de cet événement sportif".

Dès jeudi, des renforts policiers ont été déployés le long du principal axe routier reliant Mamana au circuit de Sakhir, plus au sud, et des points de contrôle ont été établis sur les routes menant aux villages chiites, réputés être des foyers de la contestation anti-gouvernementale, selon des témoins.

Amnesty International a appelé mardi les autorités de Manama à ne pas "réprimer les manifestations pacifiques" prévues à l'occasion de la F1.

"Les autorités de Bahreïn ne doivent pas répéter les erreurs du passé", a déclaré Saïd Boumedouha, directeur adjoint d'Amnesty pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient, pour qui "utiliser le GP pour améliorer l'image de Bahreïn" vise à "dissimuler les violations" des droits de l'Homme.

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