POLITIQUE

Élections 2014 - «La pire des campagnes électorales»

03/04/2014 06:00 EDT | Actualisé 03/04/2014 06:56 EDT
PC

Jamais une campagne électorale n’aura été aussi négative au niveau national, constatent les deux doyens de l’Assemblée nationale, François Gendron, du Parti québécois (PQ), et Pierre Paradis, du Parti libéral du Québec (PLQ). Ils ne se gênent pas pour pointer du doigt les médias d’être en partie responsable, tout en précisant que sur le terrain la campagne «est totalement différente de ce que rapportent les médias nationaux.»

«Sur le plan national, on peut parler d’une campagne de salissage, remarque le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis. De toute part, on ne fait que surfer sur la vague, sans aborder les sujets en profondeur.»

Même son de cloche de la part du député péquiste d’Abitibi-Ouest, François Gendron, exaspéré par le cynisme ambiant. «C’est impossible de connaître pire campagne. Le balancier est allé trop loin, il ne peut pas aller encore plus loin. Il va falloir sortir de cette période noire de la vie politique», critique-t-il.

Pour Pierre Paradis, le PQ a contribué au climat actuel «en préparant le terrain» quelques mois auparavant en présentant la Charte des valeurs québécoise. «Il y a une sagesse populaire dans l’électorat. Les gens votent pour la bonne orientation», dit-il.

Selon lui, s’il y a autant d’énergie négative c’est peut-être parce que «le Québec est en train de vivre un changement». «Il y a des moments dans l’histoire où il y a de nouvelles orientations de société qui se prennent : autant sur le plan économique que des enjeux comme la santé. C’est comme si des valeurs profondes de la société québécoise sont touchées», dit-il.

Pour le député de Brome-Missisquoi, les acteurs politiques portent «tous une responsabilité individuelle». Par contre, il constate qu’«avant, il y avait un respect entre les chefs.» «Le mot est peut-être fort, mais il y a de la haine actuellement», dit-il.

En guise d’exemple, Pierre Paradis se souvient d’avoir déjà «terminé des soirées avec René Lévesque» après une journée de travaux parlementaires, ce qui n’a jamais été le cas, par exemple, avec Pauline Marois. Une situation qui était possible avec les anciennes règles des travaux parlementaires qui faisaient siéger les élus plus longtemps à l’Assemblée nationale. Un facteur qui permettait «la collégialité», pense-t-il.

Trop d’éditoriaux

Pour François Gendron, les neuf années au pouvoir des libéraux ont contribué au cynisme actuel. «De mémoire, j’ai connu une fois dans ma vie un seul gouvernement où les trois vice-premières ministres ont dû démissionner», dit-il.

Autre facteur, le vice-premier ministre du Québec estime qu’il y «a trop de monde qui font de l’éditorial», en plus d’avoir trop de commentateurs dans les médias. Il ne se gêne pas pour parler de «dérive» pour illustrer son propos.

«Les gens qui font de la politique, on ne parle pas d’eux, et on ne leur demande pas de commenter», estime-t-il, critiquant qu’il suffit d’être un «ex» de quelque chose pour donner son opinion sur la place publique.

«Il y a trop de commentateurs qui sont là qui donne et redonne leur opinion. Par exemple : tu organises un point de presse, et il y a des gens qui commentent avant même ton annonce. Et quand tu fais ton annonce, tu n’as pas le temps de terminer qu’ils commentent encore et encore», ironise-t-il.

Deux campagnes

Les deux doyens s’accordent pour dire que sur le terrain, la campagne se vit complètement différemment. Selon eux, les électeurs ne parlent pas de ce qui fait les manchettes au niveau national, mais plutôt des enjeux locaux. «Les gens nous parlent pas de la campagne nationale. Ils veulent plutôt entendre parler des problèmes quotidiens», remarque pour sa part Pierre Paradis.

«Le terrain est complètement différent. Les gens posent des questions et s’informent», affirme le doyen de l’Assemblée nationale, François Gendron. Rappelons que s’il est élu le 7 avril prochain, le député d’Abitibi0Ouest va devenir l’élu ayant siégé le plus longtemps sur les banquettes à Québec.

> Élections 2014: les nouvelles et les blogues du HuffPost sur la campagne.

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