Docteure en psychologie et auteure connue mondialement, Paula Davis-Laack se spécialise dans la gestion du stress. Elle aide les professionnels de haut rang à accroître leur bien-être par l'entremise d'une méthode favorisant la résilience, la concentration mentale et le développement des liens sociaux.

« À quel point êtes-vous heureux, et pourquoi ? » est une question que je pose très souvent. Non seulement parce que je tente d'évaluer mon propre degré de satisfaction, mais parce que cette question concerne également les membres de ma famille, mes amis, mes collègues et le reste de la société. En effet, depuis que j'ai obtenu une maîtrise en psychologie positive, j'ai eu l'occasion d'observer des milliers de personnes dans une grande variété de contextes. J'en conclus que les gens heureux s'adaptent aux circonstances de la vie d'une manière tout à fait unique. Voici une liste de ce qu'ils font différemment :


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  • Ils ont un réseau social étendu

    Les gens heureux restent en contact avec leur famille, leurs voisins, leur lieu de culte et leur communauté en général. Ces liens sociaux sont un rempart contre la dépression, un phénomène qui a pris une ampleur dramatique au cours des 50 à 75 dernières années. L’Organisation mondiale de la Santé prédit que la dépression deviendra la deuxième cause de mortalité et touchera près d'un adulte sur trois dans le monde d'ici à 2020. Bien que plusieurs autres facteurs contribuent à cette augmentation, la rupture des liens sociaux et familiaux est sans contredit l'une des plus importantes causes de dépression.

  • Leurs activités correspondent à leurs forces et à leurs valeurs

    Il n'y a pas d'approche uniforme en matière de recherche du bonheur. Les gens qui s'adonnent à l'activité physique suivent généralement un programme visant à atteindre des objectifs précis. Les gens heureux font la même chose avec leurs objectifs émotionnels. Toutefois, certaines méthodes de promotion du bonheur me semblent galvaudées. Personnellement, je préfère celles qui permettent aux individus d'exprimer leur générosité et de s'impliquer davantage dans leur communauté. À cet effet, le livre The How of Happiness, de Sonja Lyubomirsky, offre un bon diagnostic permettant de jumeler les individus aux activités qui leur correspondent le mieux.

  • Ils expriment leur gratitude

    La gratitude a des effets physiques très concrets. Quelques mots d'appréciation permettent de diminuer le stress, d'augmenter son estime de soi, de vaincre les émotions négatives et d'acquérir une plus grande confiance en tenant compte du chemin parcouru. D'après certains chercheurs, la capacité d'un individu à exprimer sa gratitude serait directement liée à son degré de satisfaction envers la vie en général [1].

  • Ils font preuve d'optimisme

    Les gens heureux ont trois manières de vaincre leurs pensées négatives. Premièrement, ils consacrent leur temps et leur énergie à des tâches qu'ils maîtrisent bien. Autrement dit, ils savent lâcher prise et changer de direction lorsque leur stratégie ne fonctionne pas ou lorsque les circonstances échappent à leur contrôle. Deuxièmement, ils savent que le temps règle bien des choses et que les situations houleuses ne durent pas éternellement. Enfin, les gens heureux sont les plus aptes à « compartimentaliser » leur vie. Ils ne laissent pas les difficultés et les échecs propres à une sphère de leur existence gâcher toutes les autres.

  • Ils sont généreux

    Faire le bien fait du bien ! En effet, plusieurs études ont démontré la corrélation entre l'aptitude à aider autrui, d'une part, et la santé, le bien-être et la longévité, d'autre part. Les gestes de générosité contribuent à rehausser l'estime de soi et l'appréciation d'autrui. Les émotions positives qui en découlent se traduisent par une plus grande résilience physique et psychologique. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que les gens heureux aient une propension plus marquée au bénévolat. Par exemple, une étude a suivi cinq femmes souffrant de sclérose en plaques pendant trois ans. [2] Ces femmes, qui devaient aider bénévolement 67 patients atteints de la même maladie, ont vu leur état s'améliorer davantage que les personnes qu'elles devaient aider.

  • La richesse matérielle n'est pas leur priorité

    Les gens heureux savent garder une saine distance entre leurs attentes personnelles et leurs possessions matérielles. Dans son livre The How of Happiness, la docteure Lyubomirsky explique qu'en 1940, 7,5 Américains sur 10 se disaient « très heureux ». À l'heure actuelle, cet indice de bonheur se situe à 7,2 malgré un revenu plus élevé et l'omniprésence de voitures sport, d'ordinateurs, de iPods et de téléviseurs dernier cri. Une étude s'est penchée sur le comportement de 12 000 étudiants universitaires de première année, puis a mesuré leur degré de satisfaction une fois parvenus à l'âge de 37 ans. Ceux qui avaient exprimé des attentes matérialistes à l'âge de 18 ans se sont avérés les moins satisfaits de leur vie deux décennies plus tard.

  • Ils s'adaptent mieux aux épreuves

    Les gens heureux font face aux mêmes situations stressantes que les autres, mais se démarquent par leurs stratégies d'adaptation plus efficaces. La croissance personnelle post-traumatique se définit comme l'ensemble des changements positifs qui surviennent chez les individus ayant dû faire face à des défis très sérieux. Ces changements surviennent chez des personnes de tous les horizons et ayant vécu toutes sortes d'épreuves. Selon les chercheurs Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun, la croissance personnelle post-traumatique peut prendre cinq formes : une appréciation renouvelée de la vie; la définition de nouveaux objectifs de vie; une plus grande confiance en soi; l'amélioration des relations interpersonnelles et une vie spirituelle plus riche. Bref, les gens heureux savent tirer le meilleur parti des expériences les plus difficiles.

  • Ils accordent une grande importance à leur santé

    La gestion efficace du stress et une bonne santé physique et mentale sont des ingrédients essentiels au bonheur. Cependant, la santé ne se résume pas à l'exercice physique. La plupart du temps, les gens heureux agissent comme tels : ils sourient, ils font preuve d'entregent, ils insufflent une bonne dose d'énergie et d'enthousiasme à tout ce qu'ils entreprennent.

  • Ils ont des objectifs précis

    </strong>Les gens heureux ont un système de valeurs très développé et des buts pour lesquels ils sont prêts à redoubler d'efforts. Selon messieurs Diener et Biswas-Diener, la définition d'objectifs de vie pertinents est une composante très importante du bonheur. En ce qui me concerne, j'ai négligé cet élément lorsque je pratiquais le droit. Il a fallu que je fasse un burn out pour me rendre compte de l'importance de trouver un sens à ma vie. Pour sa part, le regretté Chris Peterson a résumé sa quête du bonheur en ces termes : « J'ai passé ma vie de jeune adulte à remettre à plus tard les petites choses que je savais importantes. Heureusement, je me suis rendu compte que je n'aurais jamais l'occasion de faire ces choses à moins d'aménager mon temps en conséquence. C'est à ce moment que le reste de ma vie a commencé. » En résumé, la capacité d'être heureux repose sur des stratégies à long terme qui nous font voir la vie différemment. Elle repose sur un bon dosage d'émotions et d'aptitudes pratiques.

  • Ils ont une vie spirituelle plus riche

    Selon la docteure Lyubomirsky, des recherches scientifiques de plus en plus nombreuses démontrent que les personnes pratiquant une religion sont plus heureuses, en meilleure santé et plus aptes à se rétablir après un traumatisme. [5] Dans leur livre Unlocking the Mysteries of Psychological Wealth, les chercheurs Ed Diener et Robert Biswas-Diener soutiennent que le sentiment religieux est essentiel au bonheur et à la plénitude psychologique, car il aide les individus à s'identifier à un univers plus vaste.