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Des milliers de Chiliens évacués après un nouveau séisme dans le nord, l'alerte au tsunami levée

03/04/2014 10:10 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées mercredi soir dans le nord du Chili après un nouveau séisme d'une magnitude de 7,8, survenu 24 heures après une première secousse de 8,2 dans la même région.

Cette puissante réplique s'est produite à 23H43 (01H43 GMT) à 20 km au sud de la ville côtière d'Iquique, donnant lieu à une nouvelle alerte au tsunami qui a toutefois été rapidement levée, a annoncé dans la nuit le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Peñailillo.

Une alerte au tsunami a également été déclenchée puis levée dans le sud du Pérou voisin, selon la Marine péruvienne.

Ricardo Toro, directeur du Bureau national des urgences (Onemi) chilien, a indiqué que quelques grosses vagues avaient atteint la côte, mais pour le moment les autorités chiliennes n'ont signalé ni victimes ni dégâts à la suite de ce nouveau tremblement de terre.

Les populations des localités côtières ont encore été évacuées, notamment à Arica, Iquique et Antofagasta, zone située à plus de 1.800 km au nord de Santiago, qui était déjà la plus touchée par le séisme de la veille, dont le bilan provisoire est de six morts.

La présidente chilienne, Michelle Bachelet, qui s'était rendue mercredi à Arica (2.100 km au nord de Santiago) pour évaluer les dégâts, a dû être évacuée sur les hauteurs de la ville au moment de la réplique, selon la chaîne de télévision officielle TVN.

Lorsque les sirènes ont à nouveau retenti, les habitants d'Arica et d'Iquique se sont précipités dans la rue et se sont dirigés vers des zones élevées, selon les images de la télévision chilienne.

"Nous étions en train de regagner nos domiciles, mais cette secousse nous a obligés à rester dans la rue et à dormir ici pour une deuxième nuit", a témoigné à l'AFP Lila Gomez Mamani, une habitante de Pozo Almonte, localité minière proche d'Iquique où une partie de la population a été hébergée sous une trentaine de tentes installées sur un terrain de football.

Dans cette petite ville située à 1.500 mètres d'altitude, les habitants ont allumé de petits feux la nuit pour mieux résister au froid et à la forte humidité provoquée par le "camanchaca", une brume venue de la mer.

"Nous n'avons pas de quoi tenir jusqu'à vendredi, on risque d'avoir des problèmes d'approvisionnement", confiait dans la nuit à l'AFP Carlos Cardenas, qui se demandait s'il allait pouvoir nourrir sa famille réfugiée sous une tente.

Renac Zuñiga, du comité municipal d'urgence, explique quant à lui que les autorités s'efforcent "d'aider la population au plus vite", mais il reconnaît que la réplique de mercredi soir a compliqué la situation.

- Une priorité: les services de base -

A la suite du puissant séisme de mardi et l'alerte au tsunami de dix heures qui s'en est suivi, 975.000 habitants avaient été évacués sur plus de 4.000 km de côte au Chili. Les autorités ont fait état de six morts après cette première secousse, dans les villes d'Iquique et d'Alto Hospicio.

Si le bilan précis des dégâts des premières secousses n'a pas encore été établi, l'Onemi a évoqué le chiffre de 2.500 logements endommagés à Alto Hospicio, modeste bourgade proche d'Iquique aux habitations plus fragiles.

A Iquique, on pouvait voir des toits éventrés, des vitrines brisées et des rayonnages renversés dans les commerces, mais aucun immeuble effondré.

Bien que le tsunami ayant suivi le séisme de mardi ait été de faible puissance, avec des vagues de un à deux mètres, le mer a pénétré sur 200 mètres dans les terres à Iquique, où environ 80 embarcations ont été endommagées ou coulées dans le port.

Mme Bachelet a fixé comme priorité le rétablissement des services fondamentaux, comme l'eau potable, l'électricité et l'ouverture de magasins d'alimentation, mais la violente secousse de mercredi soir a retardé les opérations.

Les pannes de ces services et la crainte de répliques avaient poussé les habitants d'Arica (nord) a faire des stocks de piles électriques, de lampes ou de denrées alimentaires mercredi. Dans les stations-service d'Iquique, l'achat d'essence a été rationné à 20 dollars par personne.

Etant l'un des pays au monde les plus exposés aux séismes, le Chili dispose de normes de construction draconiennes et soumet régulièrement la population à des exercices d'évacuation. En 2010, un tremblement de terre suivi d'un tsunami avait toutefois fait plus de 500 morts et 30 milliards de dollars de dégâts.

La compagnie minière d'Etat Codelco, la principale productrice de cuivre de la planète - dont le Chili est le premier extracteur mondial -, a annoncé avoir évacué une partie de ses installations côtières, sans signaler de dégâts.

A Londres, le cours du métal rouge a brièvement affiché dans la journée un plus haut en trois semaines, à 6.734 dollars la tonne.

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