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Armes chimiques: Damas doit reprendre les transferts pour tenir le calendrier (OIAC)

03/04/2014 12:25 EDT | Actualisé 03/06/2014 05:12 EDT

La Syrie peut encore tenir le calendrier d'élimination de ses armes chimiques si elle reprend immédiatement ses opérations de transfert et d'évacuation, a indiqué jeudi la coordinatrice de l'opération au Conseil de sécurité, selon des diplomates.

Sigrid Kaag, qui coordonne l'opération conjointe de désarmement chimique en Syrie lancée par l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et l'ONU, rendait compte au Conseil par vidéo-conférence lors de consultations à huis clos.

Les autorités syriennes, a-t-elle rappelé, ont indiqué dimanche dernier vouloir reprendre "dans les prochains jours" les opérations de transfert et d'évacuation, suspendues selon elles, pour des raisons de sécurité.

"A condition que les opérations reprennent immédiatement, elles pourraient être menées à bien à temps", c'est-à-dire avant la date limite du 30 juin, a estimé Mme Kaag, toujours citées par des diplomates.

Elle a précisé que 72 conteneurs étaient prêts à être transportés au port syrien de Lattaquié au nord du pays, pour être évacués du pays et qu'avec ce transfert, 90% environ des armes chimiques auront été retirées de Syrie.

Pour Mme Kaag, les autorités syriennes peuvent encore tenir leurs engagements mais "cela devient de plus en plus difficile".

Le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq a ensuite précisé que pour l'instant 53,6% des armes ou composants toxiques avaient été évacués de Syrie ou détruits sur le territoire syrien mais qu'il n'y avait eu "aucun mouvement (de produits toxiques) depuis le 30 mars".

Il a souligné "le nécessité de reprendre ces mouvements dès que possible pour respecter le calendrier".

Toujours selon des diplomates, au cours des consultations au Conseil, l'ambassadrice américaine Samantha Power et son homologue français Gérard Araud ont demandé que Damas accélère le mouvement.

La Russie a de son côté fait valoir que la Syrie avait déjà fait la moitié du travail et que les forces syriennes, dont celles protégeant les convois de produits chimiques, ont été la cible d'attaques au nord de Lattaquié.

L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a affirmé à la presse que des "terroristes" membres d'Al-Qaïda ou du groupe islamiste al-Nosra, venus de Turquie et armés par l'Arabie saoudite et le Qatar, continuaient de s'attaquer à l'armée syrienne dans la région de Lattaquié.

"Il ne sera pas possible de respecter pleinement le calendrier fixé par le gouvernement syrien et l'OIAC tant que la situation de sécurité n'aura pas évolué dans le bon sens", a-t-il ajouté. Il a demandé à "ceux qui ont une influence sur ces groupes terroristes de s'efforcer de garantir que les convois transportant les produits chimiques et le port de Lattaquié ne soient pas attaqués".

Dans le cadre d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter des frappes militaires américaines en Syrie, Damas s'est engagé à se débarrasser de son arsenal d'armes chimiques, d'ici au 30 juin.

Mais ces opérations ont pris du retard et plusieurs dates limites ont été dépassées.

La Syrie, en proie à une guerre civile depuis trois ans, a notamment évoqué le manque de sécurité et de matériel pour justifier ces retards tandis que les puissances occidentales accusent Damas de volontairement faire traîner le processus.

Une fois les armes chimiques évacuées par le port de Lattaquié, elles sont chargées à bord d'un navire américain qui doit procéder à leur destruction par hydrolyse.

avz/rap

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