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Porter corrobore les propos de Couillard sur leur coentreprise

02/04/2014 06:03 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Dans un entretien publié par son biographe sur le web, Arthur Porter, ex-directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) aujourd'hui accusé de fraude, affirme que l'entreprise qu'il a créée dans le passé avec Philippe Couillard n'a finalement jamais été active.

M. Porter estime par ailleurs que le chef du Parti libéral du Québec ferait un bon premier ministre.

Le biographe d'Arthur Porter, Jeff Todd, soutient que l'ex-patron du CUSM a tenu ces propos de sa prison panaméenne lors d'une conversation téléphonique, le week-end dernier. Un entretien sous forme de questions-réponses, portant essentiellement sur la campagne électorale au Québec, peut être consulté en ligne sur un site web lancé, selon M. Todd, par la famille de M. Porter.

Outre le verbatim de l'entrevue d'Arthur Porter, on retrouve sur ce site une pétition demandant aux autorités panaméennes et canadiennes de le libérer. On y affirme que M. Porter n'a pas été autorisé à recevoir un traitement médical, alors qu'il souffre d'un cancer du poumon.

Selon ce que Jeff Todd a déclaré à une journaliste de CBC l'ayant contacté, l'intérêt médiatique qui aurait été manifesté envers l'opinion de M. Porter et le désir de sa famille d'attirer l'attention sur son histoire.

Une entreprise jamais « activée »

Dans l'entrevue, son biographe lui demande pourquoi M. Couillard et lui ont décidé de démarrer une firme de consultation ensemble. M. Porter répond qu'ils étaient tous les deux en train de terminer une carrière, et qu'ils en cherchaient une nouvelle. « J'avais terminé ce que je voulais faire au CUSM, et il devait décider s'il continuait dans l'arène politique ou s'il allait dans les affaires », a dit M. Porter.

Comme ils avaient tous les deux de l'expérience et des liens à l'international, ils ont alors pensé mettre leurs expériences en commun et lancer un cabinet-conseil, affirme Porter. « Nous n'avons jamais activé la société », dit-il, puisqu'il était encore au CUSM, et que M. Couillard et lui préféraient attendre que tous les liens avec l'institution soient rompus pour aller de l'avant avec le projet.

Ces propos viennent corroborer ceux tenus par Philippe Couillard qui, pressé de s'expliquer sur la question par François Legault lors du deuxième débat des chefs, soutenait que la société n'avait jamais été active.

Pour M. Legault, cela ne répond pas aux questions sur le plan d'affaires que les deux hommes auraient pu avoir. « Est-ce que ça veut dire qu'[Arthur Porter] pensait quitter le CUSM? Il fait allusion au fait que M. Couillard était encore en politique... Il y a des questions sans réponses. Ils voulaient faire quoi ces deux gars-là avec cette compagnie-là? Ils n'ont pas enregistré ça pour laisser la compagnie dormante. On sait que, dans les faits, c'est ce qui est arrivé. Mais ce n'était pas ça leur intention. On a le droit de savoir c'était quoi leur intention », a réitéré le chef de la Coalition avenir Québec.

Couillard, un homme « polyvalent »

Au cours de l'entretien, Arthur Porter affirme qu'il croit que Philippe Couillard ferait un bon premier ministre, le qualifiant d'homme « extrêmement intelligent », « polyvalent », « flexible » et ayant une bonne connaissance du monde. « Il comprend le Québec, le Canada et le monde », souligne-t-il.

À la fin de l'entrevue, M. Todd demande : « Considérez-vous toujours M. Couillard comme votre ami? ». M. Porter dit ne pas croire à une « amitié des beaux jours » (« fair-weather friendship »), expression qui fait référence aux amis qui ne sont présents que lorsque tout va bien.

À ce sujet, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, s'est contentée de rappeler les doutes soulevés lorsque Philippe Couillard a tenté de se dissocier d'Arthur Porter. « Je vais vous dire quelque chose que ma mère me disait : qui se ressemble, s'assemble », a lancé Mme Marois.

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