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L'Otan "très inquiète" de la présence de troupes russes à la frontière

02/04/2014 10:42 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a dit mercredi partager les "préoccupations" du plus haut responsable militaire de l'alliance, qui a affirmé que la Russie pourrait "atteindre ses objectifs en trois à cinq jours" si elle décidait d'une "incursion" en Ukraine.

"Je partage vraiment les préoccupation du Saceur (Commandant suprême des forces alliées en Europe)", le général américain Philip Breedlove, a déclaré M. Rasmussen lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Le plus haut gradé de l'Otan, qui dirige les forces américaines et celles de l'alliance en Europe, a jugé "incroyablement inquiétante" la présence massive de troupes russes le long de la frontière ukrainienne.

"Nous pensons qu'ils (les soldats russes) sont prêts à y aller et qu'ils pourraient remplir leurs objectifs en trois à cinq jours" s'ils en recevaient instruction, a dit le général Breedlove à des médias anglo-saxons, en citant comme objectifs potentiels de Moscou l'établissement d'un corridor terrestre dans le sud de l'Ukraine pour relier la Crimée à la Russie, la prise du port ukrainien d'Odessa ou encore de la région moldave russophone et séparatiste de Transdniestrie, située à l'ouest de l'Ukraine.

"Nous avons connaissance, ou nous avons vu, une augmentation massive des forces russes le long de la frontière ukrainienne et, comme je l'ai dit hier (mardi), nous n'avons vu aucune réduction significative" de ces forces, a expliqué M. Rasmussen, interrogé sur les déclarations du général Breedlove.

"Nous savons aussi qu'ils sont à un très haut niveau de préparation. C'est un sujet de vive préoccupation", a-t-il ajouté.

"Si la Russie devait intervenir encore plus en Ukraine, je n'hésiterais pas à appeler cela une erreur historique, qui mènerait à un plus grand isolement encore de la Russie sur la scène internationale et qui aurait des conséquences d'une portée importante sur les relations entre la Russie et ce que nous appelons l'Ouest", a averti M. Rasmussen.

"Ce serait un mauvais calcul aux implications stratégiques importantes", a-t-il insisté.

Réunis mardi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Otan ont décidé de suspendre la coopération civile et militaire avec la Russie, en riposte à l'intervention en Ukraine, tout en maintenant le dialogue politique avec Moscou en vue de favoriser une solution à la crise.

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