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L'OTAN redoute une invasion russe en Ukraine

02/04/2014 11:40 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

La Russie a massé suffisamment de forces aux frontières de l'Ukraine pour prendre le contrôle de l'est du pays en moins de cinq jours, selon l'OTAN.

Selon le chef suprême des forces de l'Alliance atlantique en Europe, le général Philip Breedlove, les forces russes actuellement déployées aux portes de l'Ukraine pourraient atteindre leurs objectifs en trois à cinq jours advenant le lancement d'une incursion dans l'est du pays.

D'après Washington, environ 40 000 soldats russes sont déployés près de la frontière, appuyés par des avions et des hélicoptères de combat.

La situation est actuellement « extrêmement préoccupante » en Europe de l'Est, selon le haut officier, qui affirme que les troupes russes ne regagnent pas leurs casernes, comme l'avait pourtant assuré lundi le président Valdimir Poutine.

Les ministres des Affaires étrangères des 28 États membres de l'OTAN, réunis mardi à Bruxelles, ont demandé au commandement suprême de leur présenter d'ici au 15 avril un plan de soutien aux alliés de l'Alliance en Europe de l'Est.

Ce plan pourrait comporter l'envoi de forces terrestres, aériennes et maritimes en Ukraine et en mer Noire, a déclaré le général Breedlove, qui a ajouté que les plans de déploiement militaire rapide dans la région seraient également révisés. 

Toujours selon lui, les Russes pourraient être tentés d'ouvrir un corridor terrestre jusqu'au port d'Odessa, sur la mer Noire, ou pousser davantage leurs forces jusqu'en Transnistrie, une région peuplée majoritairement de russophones.

Une « faute historique »

La Russie commettrait une « faute historique » si elle continuait d'intervenir en Ukraine, a prévenu mercredi le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord a décidé mardi de suspendre toute forme de coopération avec la Russie à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou.

De son côté, la Russie a accusé mercredi l'OTAN de ressusciter les « joutes verbales de la Guerre froide ».

« Il est facile d'imaginer qui va profiter de la suspension [des relations] de cette coopération, face aux défis modernes posés à la sécurité de l'Europe et du monde, en particulier dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la piraterie, les désastres naturels ou provoqués par l'homme », a déclaré Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

« Il est facile d'imaginer qui va profiter de la suspension de cette coopération, face aux défis modernes posés à la sécurité de l'Europe et du monde, en particulier dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la piraterie, les désastres naturels ou provoqués par l'homme », a ajouté le porte-parole russe.

« En tout cas, il est clair que ce ne seront ni la Russie ni les États membres de l'OTAN... », a poursuivi le porte-parole.

Kiev propose une décentralisation des pouvoirs

Pendant ce temps, en Ukraine, le gouvernement intérimaire a annoncé une décentralisation des pouvoirs au profit des communautés et collectivités locales.

Expliquant dans un communiqué qu'il existe actuellement en Ukraine un monopole du pouvoir de l'État sur les régions, le vice-premier ministre Volodimir Groisman a déclaré que cette réforme doit permettre, entre autres, de « concilier les intérêts des communautés nationales et locales ».

Ces changements dans la structure du pouvoir, salués par l'Occident, seront soumis au Parlement ukrainien dans un projet de loi.

Cette réforme doit du même coup apaiser les tensions entre Kiev et les communautés russophones du pays qui réclament davantage d'autonomie.

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