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Liban: l'armée se déploie en masse à Tripoli pour faire cesser les combats

02/04/2014 09:24 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Des soldats, appuyés par des chars, étaient déployés en masse mercredi dans deux quartiers rivaux de Tripoli dans le nord du Liban, meurtris par des mois de combats confessionnels liés à la guerre en Syrie voisine.

Accompagnés également de bulldozers et de véhicules blindés, les militaires ont pris position dans le quartier de Bab al-Tebbané après s'être déployés la veille dans le quartier alaouite voisin de Jabal Mohsen, en application d'un nouveau plan de sécurité.

L'inimitié entre ces quartiers s'est renforcée depuis le début du conflit en Syrie il y a trois ans, car les habitants de Bab al-Tebbaneh appuient la rébellion en majorité sunnite et ceux de Jabal Mohsen le régime de Bachar al-Assad appartenant à la confession alaouite.

Après leur entrée en masse dans ces secteurs, les soldats ont procédé à des perquisitions, mais sans être en mesure d'opérer des arrestations en raison de la fuite des chefs des bandes armées rivales, selon une source de sécurité.

Le gouvernement avait demandé à l'armée de "mettre en oeuvre un plan pour contrôler la situation" à Tripoli, où 30 personnes sont mortes dans des combats durant les deux dernières semaines de mars.

Des combats avaient lieu régulièrement dans ces quartiers, mais les soldats qui intervenaient pour tenter d'y mettre fin n'y restaient que pendant une courte période avant de s'en retirer.

"L'armée a achevé son déploiement à Bab al-Tebbaneh. Elle a démantelé les barricades des rues et nettoyé les toits avant de rouvrir la rue reliant ce quartier à celui de Jabal Mohsen", a précisé la source de sécurité.

Grâce à ce déploiement, les deux quartiers ont rouvert les magasins rue de Syrie, l'artère principale séparant les deux quartiers ennemis. Et des familles qui avaient fui la violence ont pu regagner leur domicile.

Un cheikh de Bab al-Tebbaneh, Aymane Kharma, a conduit une marche pacifique vers Jabal Mohsen afin de montrer que les habitants des quartiers rivaux appartenaient "à une seule famille".

Cet homme de 45 ans et père de quatre enfants n'a pas encore pu regagner son domicile rue de Syrie mais espère que la présence de l'armée le lui permettra.

"Notre maison a été touchée par quatre obus. Nous avons été obligés de déménager dans la famille de ma femme. J'espère que l'Etat me versera des indemnités afin que je répare ma maison", a-t-il dit. "Le plan de sécurité marchera seulement s'il est accompagné d'un plan de développement pour réhabiliter le quartier".

Un homme politique à Jabal Mohsen, Ali Fidda, a indiqué à l'AFP que les habitants de son quartier se félicitaient du déploiement de l'armée, tout en soulignant "la nécessité pour les dirigeants de régler leurs différends afin de permettre une véritable réconciliation".

Dans le reste du pays, trois roquettes lancées de Syrie se sont abattues sans faire de victime sur Labwé, un bastion du mouvement chiite Hezbollah dans l'est du Liban, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.

La participation du Hezbollah dans la guerre en Syrie aux côtés du régime Assad a exacerbé les tensions confessionnelles au Liban, les sunnites appuyant pour la plupart la rébellion, tandis que les chiites sont en majorité partisans du pouvoir de Damas.

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