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Le Soudan annonce recevoir 1 milliard USD du Qatar après une visite de l'émir qatari

02/04/2014 11:19 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Le Qatar va verser un milliard de dollars au Soudan pour renforcer les réserves de devises de ce pays, a annoncé le gouvernement soudanais à l'issue d'une visite à Khartoum de l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani.

Cheikh Tamim a passé environ trois heures au Soudan mercredi, dans le cadre d'une tournée arabe devant le conduire ensuite en Algérie et en Tunisie, au moment où le Qatar a été mis à l'index par ses voisins arabes du Golfe qui le soupçonnent de chercher à les déstabiliser.

"Cela va aider la Banque centrale à augmenter ses réserves", a indiqué à la presse le ministre soudanais des Finances, Badereldine Mahmoud Abbas, après une rencontre entre le dirigeant qatari et le président soudanais Omar el-Béchir.

Les modalités détaillées de ce versement n'ont pas été divulguées, mais selon M. Abbas il s'agit du second volet d'une enveloppe de deux milliards de dollars promise l'an passé par le Qatar.

Le Soudan du Sud, en faisant sécession en 2011, a gardé la majorité des réserves pétrolières de l'ancien Soudan unifié, représentant des milliards de dollars de revenus d'exportation. Depuis, le Soudan est à cours de liquidités, et la livre soudanaise a plongé sur le marché noir, tandis que l'inflation a grimpé en flèche.

Cheikh Tamim, qui s'était auparavant rendu dimanche en Jordanie, a été accueilli mercredi à l'aéroport de Khartoum par le président Béchir, avec qui il s'est entretenu dans un centre de conférence le long du Nil Bleu, pour ce qu'un analyste a qualifié de rencontre entre deux régimes régionalement isolés.

L'émir a indiqué dans un communiqué vouloir confirmer les "consultations conjointes continues" entre les deux pays sur les questions régionales et "consolider les relations fraternelles" entre les deux peuples.

Sa tournée intervient alors que les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Bahreïn ont rappelé le 5 mars leurs ambassadeurs à Doha, reprochant au Qatar de soutenir les islamistes dans le monde arabe et de chercher à déstabiliser les pays voisins.

Le Qatar s'est rangé ouvertement du côté des Frères musulmans, réprimés en Egypte après avoir été chassés du pouvoir, tandis que les trois autres pays ont apporté un soutien massif tant politique que financier au pouvoir installé par l'armée au Caire.

Le régime soudanais a été mis en place en 1989 à la faveur d'un coup d'Etat soutenu par les islamistes.

Selon Safwat Fanous, politologue à l'Université de Khartoum, la visite de l'émir du Qatar vise à "rompre l'isolement" de son pays vis-à-vis des monarchies du Golfe et de l'Egypte, en montrant qu'il a encore des alliés arabes islamiques.

Le Qatar est un des soutiens clé du Soudan, en grande difficulté économique.

Des sources diplomatiques et autres ont indiqué le mois dernier que les principales banques européennes et saoudiennes avaient cessé leurs transactions avec le Soudan, accentuant l'isolement et les difficultés de ce pays visé par des sanctions.

Khartoum affirme que ces banques sont sous la pression grandissante des Etats-Unis, qui ont placé le Soudan sous embargo il y a 17 ans.

En revanche, les liens entre Khartoum et Doha "progressent rapidement", a estimé le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Aboubaker al-Siddiq, à l'agence Suna.

Le Soudan a annoncé en mars que le riche émirat du Golfe lui accordait une aide inespérée de 135 millions de dollars pour aider à la préservation et à la mise en valeur de ses sites archéologiques.

C'est par ailleurs au Qatar que le Document de Doha pour la paix au Darfour avait été signé en 2011 entre le régime de Khartoum et une alliance de petits groupes rebelles de cette région de l'ouest du Soudan, en proie à une guerre depuis 11 ans.

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