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La Cour suprême turque juge anticonstitutionnel le blocage de Twitter 

02/04/2014 04:31 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Le plus haut tribunal de Turquie a statué que le blocage de l'accès au réseau social Twitter était anticonstitutionnel. Cette décision du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, irait à l'encontre du droit à la liberté d'expression, selon lui.

Les juges de la Cour suprême du pays ont jugé à l'unanimité que les citoyens turcs devraient avoir accès au site de microblogage. La Cour a ordonné la remise en fonction de la plateforme dans l'immédiat. Une double injonction a donc été remise à l'autorité turque des télécommunications (TIB) et au gouvernement.

Par contre, il est impossible de savoir si cette ordonnance de la Cour sera respectée à l'heure actuelle. Plusieurs experts ont spécifié que le non-respect de ce jugement serait également anticonstitutionnel.

Ces spécialistes croient aussi que ce jugement du plus haut tribunal au pays pourrait créer un important précédent en Turquie. Cette intervention pourrait dissuader les premiers ministres de s'immiscer dans la gestion des accès aux réseaux sociaux à l'avenir. Ces derniers sont d'ailleurs très utilisés par la jeunesse turque pour contourner les pressions exercées sur les médias traditionnels.

Menaces à la sécurité du pays, selon Erdogan 

Le premier ministre turc justifie ses décisions en insistant sur l'inertie du réseau social Twitter. Le gouvernement aurait envoyé des centaines d'injonctions à l'entreprise pour qu'elle retire des contenus illicites, mais celle-ci n'aurait pas donné suite à ces avertissements juridiques.

Erdogan juge que les réseaux sociaux constituent des menaces pour la sécurité du pays. Twitter a servi de relais à l'organisation de manifestations contre son gouvernement l'année précédente. C'est ce qui a mené le premier ministre à retirer l'accès au site le 21 mars dernier.

Le gouvernement turc a aussi bloqué l'accès au site YouTube jeudi dernier, suite à la diffusion d'une vidéo témoignant d'une rencontre confidentielle où les dirigeants discutaient d'une possible intervention militaire en Syrie.

Ces scandales ont eu lieu quelques jours avant le scrutin municipal de dimanche dernier, remporté par le parti d'Erdogan. L'opposition affirme par contre que des fraudes pourraient être responsables de cette victoire.

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