NOUVELLES

France: gouvernement Valls de continuité, entrée de Ségolène Royal

02/04/2014 03:23 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls va diriger un gouvernement resserré, marqué par l'arrivée de l'ex-compagne du président, Ségolène Royal, avec pour mission de "redonner confiance" aux Français après le désaveu subi par la gauche aux élections municipales.

"Il n'y a pas une rupture (...). Dans bien des domaines, nous allons nous situer dans la continuité du travail engagé par Jean-Marc Ayrault", le précédent Premier ministre, a assuré mercredi soir M. Valls sur la chaîne de télévision TF1, quelques heures après la nomination de son équipe par le président François Hollande.

Le gouvernement, qui compte 16 ministres, mais aucun écologiste et seulement deux nouvelles têtes, est à parité stricte entre hommes et femmes. Il sera étoffé la semaine prochaine par une liste encore indéterminée de secrétaires d'Etat. Le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait 38 ministres, dont 20 ministres délégués.

Jean-Yves Le Drian et Christiane Taubira conservent leurs fonctions à la Défense et à la Justice.

Laurent Fabius, reconduit au ministère des Affaires étrangères, voit son portefeuille élargi au Commerce extérieur, a affirmé le Quai d'Orsay. Cette attribution a néanmoins été aussi revendiquée par le ministère de l'Economie attribué à Arnaud Montebourg, classé à l'aile gauche du Parti socialiste.

Jusqu'à présent, le Commerce extérieur était de la compétence du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, et son rattachement au Quai d'Orsay serait une première depuis 1958.

Michel Sapin a, lui, été nommé ministre des Finances. En confiant les Finances et l'Economie à deux personnalités différentes, François Hollande a choisi de copier un modèle qui fonctionne en Allemagne mais qui déroutait mercredi plus d'un expert.

Ségolène Royal, ex-compagne et mère des quatre enfants du président, candidate à l'élection présidentielle de 2007, retrouve le ministère de l'Ecologie qu'elle avait déjà occupé en 1992. Elle a dit vouloir travailler avec le président "le plus naturellement possible et le plus institutionnellement possible".

- le soutien écologiste en question -

Le patron de l'UMP (opposition de droite), Jean-François Copé, s'est dit "très inquiet" de la composition d'un gouvernement qui ne va "en rien répondre aux attentes" des Français.

"On ne change pas une équipe qui perd", a aussi ironisé le vice-président du Front national (extrême droite) Florian Philippot, en référence au faible renouvellement des ministres.

Pour sa part, le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux a salué "un pack de combat fondé sur l'expérience, la cohérence et la solidarité".

Manuel Valls avait été nommé lundi Premier ministre, au lendemain d'une déroute électorale pour la gauche lors des élections municipales, alors que le pouvoir s'est montré impuissant depuis son entrée en fonctions il y a 18 mois à stopper la hausse du chômage.

Le nouveau Premier ministre doit prononcer mardi au Parlement un discours de politique générale.

M. Hollande, en annonçant sa volonté d'avoir un nouveau gouvernement "resserré", avait précisé vouloir "redonner de la force" à l'économie, garantir la "justice sociale" et assurer "le rassemblement" des Français.

"Toute l'action du gouvernement" doit être tournée vers ceux qui souffrent du chômage, a souligné M. Valls mercredi, disant vouloir "libérer les énergies", et notamment celles des entreprises "qui ont besoin de liberté".

Le nouveau Premier ministre a échoué à faire entrer dans son gouvernement les écologistes, malgré l'offre d'un grand ministère de l'Ecologie, de l'Energie et des Transports (récupéré par Ségolène Royal), des engagements sur la transition énergétique et la décentralisation. Le refus des dirigeants d'Europe Ecologie les Verts (EELV), contre l'avis de leurs parlementaires, a provoqué une crise dans cette formation.

Le nouveau Premier ministre devra au cours du mois d'avril convaincre les écologistes de voter la confiance au gouvernement sur le "pacte de responsabilité" - un accord avec les entreprises basé sur une baisse des charges en échange d'embauches -, alors que plusieurs de leurs dirigeants l'ont déclaré "invotable".

Le soutien des écologistes est d'autant plus important que les socialistes ne disposent que d'une très courte majorité absolue à l'Assemblée nationale.

M. Valls a aussi dû faire face mardi soir à la fronde des amis du chef de l'Etat, qui craignaient de faire les frais du remaniement en cours. Le résultat est un gouvernement où les hommes de confiance de François Hollande sont en bonne position.

L'un d'entre eux, Stéphane Le Foll, a été nommé mercredi ministre de l'Agriculture, poste qu'il occupait déjà, et porte-parole du gouvernement, et un autre, François Rebsamen, a été nommé ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social.

Quant à l'aile gauche du Parti socialiste, réticente sur la personnalité jugée "droitière" du nouveau Premier ministre, elle a vu promouvoir une de ses têtes de file, Benoît Hamon, qui de ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire prend le grand ministère de l'Education.

bur-nou/thm/plh

PLUS:hp