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Après le séisme, les Chiliens évaluent les dégâts

02/04/2014 01:43 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:12 EDT

Des centaines de milliers de Chiliens, de retour chez eux après avoir été évacués la veille en raison d'un puissant séisme ayant fait six morts et provoqué une brève alerte régionale au tsunami, évaluaient mercredi les dégâts dans le nord du pays.

La présidente Michelle Bachelet, qui avait décrété mardi soir l'état de catastrophe naturelle dans les régions de Arica et Tarapaca, est arrivée mercredi matin à Iquique (nord), ville la plus proche de l'épicentre du tremblement de terre de magnitude 8,2, pour visiter les zones sinistrées.

Plus de 900.000 personnes avaient été évacuées dans la nuit sur plus de 4.000 km de côte, selon le Service national des situations d'urgences (Onemi),

A Iquique et Alto Hospicio, cinq hommes - dont un Péruvien - et une femme ont perdu la vie, selon le ministre de l'intérieur, Rodrigo Peñalillo.

Au sud du Pérou voisin, les autorités ont recensé neuf blessés légers et quelques habitations endommagées.

"Le séisme a été assez violent, le plus dur a été de passer la nuit, heureusement, les familles étaient réunies et cela a favorisé une évacuation très efficace", a témoigné mercredi sur la chaîne de télévision Canal 13 Cristian Martinez, directeur d'école à Iquique.

Dans cette ville, on pouvait voir mercredi matin des toits effondrés, des vitrines brisées et des rayonnages renversées dans les commerces mais aucun immeuble effondré, selon des images des médias locaux.

Environ 80 embarcations ont souffert de dommages dans le port de la ville, la mer étant entrée d'environ 200 mètres dans les terres.

"Avec cette catastrophe, nous ne pouvons rien faire, nous attendons de l'aide pour récupérer nos bateaux", a expliqué Eddy Varas, un pêcheur.

Etant l'un des pays les plus sismiques au monde, le Chili dispose de normes de construction drastiques et soumet régulièrement la population à des exercices d'évacuation.

"Tout le Chili a appris à la suite des différents désastres (subis), chacun apporte une leçon", a expliqué le ministre des Travaux publics, Alberto Undurraga.

- Vagues de deux mètres -

A la mi-journée, les vols vers les trois principales villes du nord du Chili - Antofagasta, Iquique et Arica - suspendus durant l'alerte au tsunami, ont repris, a indiqué la Direction de l'aviation civile.

En revanche les routes pour accéder à Iquique restaient obstruées par des éboulements.

Les communications téléphoniques et les services d'eau potable n'ont pas été affectés, mais des coupures d'électricité ont frappé plusieurs régions.

La compagnie minière d'Etat Codelco, la principale productrice de cuivre de la planète - dont le Chili est le premier extracteur mondial -, a annoncé avoir évacué une partie de ses installations côtières, sans signaler de dégâts.

A Londres, le cours du métal rouge atteignait un plus haut en trois semaines, à 6.734 dollars la tonne.

En plus du Pérou, le Honduras et le Nicaragua ont également appelé à la prudence, tandis que l'Equateur décrétait une alerte rouge dans l'archipel des Galapagos. De l'autre côté de l'océan Pacifique, l'Indonésie a averti d'un risque de petit tsunami et le Japon étudiait la possibilité de lancer une alerte.

Le séisme s'est produit en mer à 20H46 locales (23H46 GMT) mardi à environ 90 km au large des côtes chiliennes, à une profondeur de près de 40 km, selon le Centre sismologique national de l'Université du Chili.

La panique a immédiatement gagné les habitants. "Les lumières dans les rues se sont éteintes, les gens sont sortis apeurés en courant. Depuis, il y a eu plusieurs répliques", a raconté à l'AFP Veronica Castillo, habitante de la ville de Arica.

Les premières vagues du tsunami ont atteint jusqu'à 2,26 mètres de haut, mais elles sont restées à un mètre dans plusieurs zones et aucun dégât majeur n'a été recensé.

La présidente avait envoyé sur place dès mardi soir les forces armées pour assurer le maintien de l'ordre et la sécurité, et éviter ainsi une répétition des pillages qui avaient suivi un violent tremblement de terre suivi d'un tsunami ayant fait environ 500 morts et 30 milliards de dollars de dégâts en février 2010.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs signalé la reprise d'une centaine de détenues, sur les 300 qui s'étaient enfuies mardi soir de la prison d'Iquique.

Les autorités ont dit s'attendre à des répliques sismiques durant plusieurs jours, dont une vingtaine a déjà été ressenties.

Le Chili est situé sur ce que les géologues appellent la ceinture de feu du Pacifique, où l'activité sismique est particulièrement intense.

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