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Poutine promet des gestes en faveur des Tatars de Crimée

01/04/2014 07:39 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Le président russe, Vladimir Poutine, a promis mardi des gestes en faveur des Tatars de Crimée, notamment la réhabilitation en tant que peuple réprimé sous Staline de cette minorité musulmane qui s'est montrée hostile au rattachement à la Russie.

"Je vais ordonner que l'on travaille sur toutes ces questions", a déclaré M. Poutine, lors d'un entretien montré à la télévision avec le président du Tatarstan - république du centre de la Russie - qui lui transmettait cette demande de retour d'un voyage en Crimée.

M. Poutine a aussi promis "des infrastructures sociales - écoles, jardins d'enfant etc" pour la communauté tatare en Crimée, forte d'environ 300.000 personnes.

Le président du Tatarstan, Roustam Minnikhanov, lui avait auparavant demandé de faire bénéficier les Tatars de Crimée d'une loi de 1991 sur la "Réhabilitation des peuples réprimés", qui donne droit à certaines compensations.

Toute la population des Tatars de Crimée a été déportée en Asie centrale à la fin de la Seconde guerre mondiale, comme les Tchétchènes notamment, par Staline qui les accusait de collaboration avec les Allemands.

Les Tatars n'ont été autorisés à retourner en Crimée qu'après la perestroïka, à la fin de l'époque soviétique. L'Ukraine n'a jamais adopté de loi sur leur réhabilitation, et les Tatars sont toujours confrontés à des questions de propriété de la terre notamment.

Lors de son discours consacré au rattachement de la Crimée à la Russie, le 18 mars, Vladimir Poutine avait évoqué le sort des Tatars de Crimée.

"Il y a eu une époque où les Tatars de Crimée ont souffert d'une grande injustice, comme d'autres peuples de l'Union soviétique", avait-il déclaré, en promettant le rétablissement de leurs "droits et réputation".

Les Tatars de Crimée "ont eu du mal au début à croire les promesses de Vladimir Poutine, mais ils comprennent aujourd'hui que la Russie va les réhabiliter, les aider à construire leurs maisons, leur fournir du gaz et de l'électricité", a assuré mardi lors d'une conférence de presse le président du conseil des muftis de Russie, Ravil Gaïnoutdine.

De retour d'un voyage en Crimée, M. Gaïnoutdine a affirmé que les Tatars semblaient "rassurés" à l'idée de rejoindre "la grande communauté des 20 millions de musulmans russes".

Une certitude que ne semblait pas partager Moustafa Djemilev, leader historique des Tatars de Crimée, qui dans un discours prononcé lundi soir a notamment dénoncé l' "annexion" de la Crimée à la Russie.

"Des organisations liées au pouvoir et des groupes paramilitaires (...) parlent ouvertement de la nécessité de déporter une nouvelle fois les Tatars de Crimée", a-t-il affirmé,rappelant que si ces derniers refusaient de prendre un passeport russe, ils seraient considérés comme des étrangers et ne pourraient ni voter ni travailler en Crimée.

M. Djemilev "n'écoute plus que les voix occidentales et ne voit plus que les informations et la propagande des Occidentaux", a réagi M. Gaïnoutdine.

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