POLITIQUE

Élections 2014 - Des organisations pour aînés se sentent négligées

01/04/2014 06:45 EDT | Actualisé 01/04/2014 06:46 EDT
Alistair Berg via Getty Images

Les associations pour personnes âgées accusent les partis politiques de faire de «l’âgisme», en plus de refuser de tenir un «vrai débat de société» sur les enjeux qui touchent les aînés. Une situation qu’ils déplorent, quelques mois après l’incendie de la résidence pour personnes âgées de L’Isle-Verte qui a fait 32 victimes.

Quelques jours avant le premier débat télévisé, la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) a commandé une évaluation afin de connaître le poids médias des dossiers entourant les aînés dans la campagne électorale. Résultat : les enjeux concernant les aînés avaient occupé seulement 0,66 % de l’espace au 14 mars.

Une situation préoccupante, dénonce le directeur général de la FADOQ, Danis Prud’homme. Une preuve, dit-il, que les partis politiques font de l’aveuglement volontaire sur les dossiers qui touchent les aînés. «Les partis ne veulent pas se donner une vision à long terme. Ils proposent tous des solutions et idées à court terme afin d’éviter de tenir un vrai débat de société», déplore-t-il, accusant les chefs «de ne pas écouter ce que la population veut.»

Pourtant, rappelle-t-il, «50% des électeurs ont plus de 50 ans.» C’est aussi une strate de la population qui se déplace massivement pour aller voter, dit-il. «La proportion que les partis accordent aux aînés dans la campagne électorale ne reflète pas l’importance du sujet», critique le directeur général de la FADOQ.

Une opinion partagée par le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Yves Desjardins. «Les quatre chefs ne parlent pas ou pratiquement pas des personnes aînées dans la campagne électorale. C’est déplorable. La question de la sécurité dans les résidences devrait être primordiale», lance-t-il.

Ce dernier accuse notamment les partis politiques de faire de l’âgisme, et ce, au lieu de s’occuper réellement des enjeux entourant les personnes aînées. «On envoie actuellement un drôle de message. Lequel? Celui qu’un aîné est grognon et difficile à satisfaire. Il faut arrêter de faire de l’âgisme et parler pour le bien des aînés, surtout qu’une personne âgée heureuse est moins souvent malade», insiste-t-il.

Améliorer la sécurité

Pour le président-directeur général du RQRA, l’incendie de la Résidence du Havre à L’Isle-Verte a «réveillé la population sur la présence d’aînés au Québec.» Malgré cela, il déplore que les partis ne s’engagent pas à «accompagner financièrement les propriétaires pour l’installation de gicleurs» dans les résidences privées. Une mesure nécessaire pour éviter des fermetures d’établissement, dit-il.

«L’augmentation de la sécurité a un coût, et la capacité de payer des personnes âgées est limitée. On ne veut pas que les résidences soient réservées aux plus nantis à cause de l’augmentation des frais», déplore-t-il, précisant qu’il y a eu, de juin 2013 à janvier 2014, 60 habitations qui ont fermé leurs portes pour des raisons financières.

Le RQRA juge également démesurées les réglementations imposées aux résidences, en plus de critiquer le contrôle qu’exerce l’État sur les personnes âgées, notamment en réglementant la température de l’eau dans les bains.

Pour sa part, la FADOQ a rédigé une plateforme politique idéale, où elle présente les dossiers qu’elle considère prioritaires.

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