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Eau, production d'aliments, maladies : problèmes en Amérique du Sud (Giec)

01/04/2014 06:19 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Un manque ou excès d'eau, une production d'aliments insuffisante et des maladies sont les principaux problèmes qui menacent l'Amérique du Sud et centrale, selon le dernier rapport du Giec, a indiqué mardi à Rio le chercheur José Antonio Marengo.

Ce scientifique de l'Institut brésilien de recherches spatiales (Inpe) a participé à l'élaboration du rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU rendu public lundi à Yokohama (Japon), le plus alarmiste depuis 2007.

"En Amazonie, la température augmente même si les déboisements sont en baisse. En Amérique centrale, la température augmente, les pluies diminuent et il y a plus de maladies comme la dengue" transmise par un moustique, a indiqué lors d'une conférence de presse M. Marengo qui a coordonné le chapitre sur cette région.

Selon lui, le changement climatique va continuer et la hausse de la température peut arriver à 4,5°C à la fin du XXIe siècle si on ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre.

"Si l'on veut éviter un réchauffement supérieur à 2°C, il faut avoir +zéro+ émission de gaz dès maintenant", a souligné M. Marengo.

Dans ce nouveau rapport du Giec, un plus grand nombre d'impacts du changement de climat ont été identifiés dans la région Amérique du Sud et centrale par rapport à celui de 2007 : non seulement les inondations et les sécheresses ou les dommages aux écosystèmes mais aussi les "impacts sociaux dans les zones urbaines" où les femmes apparaissent comme les plus vulnérables.

Le dégel des glaciers en Patagonie provoque des inondations en Amazonie, comme actuellement dans l'Etat brésilien de l'Acre, frontalier avec le Pérou.

"Les trois dernières années de sécheresses et de grandes inondations en Amazonie donnent une idée du problème qui peut augmenter à l'avenir", a souligné le chercheur.

En revanche, le risque de "savanisation" de la forêt amazonienne a diminué. De nouvelles méthodes d'évaluation montrent que la région pouvant être affectée par le manque de pluies est celle qui a déjà été déboisée.

"C'est une bonne nouvelle mais nous ne nous sommes pas débarrassés du problème. Si la déforestation reprend à un rythme accéléré, cela peut conduire au pire scénario d'une +savanisation+ de l'Amazonie d'ici 50 à 100 ans", selon lui.

En Bolivie, le manque d'eau affecte déjà les fermiers Aymaras et le nord-est semi-aride du Brésil "pourrait devenir aride".

Pour faire face à ces problèmes, les gouvernements doivent prendre des mesures urgentes "d'adaptation".

"Dans le nord-est du Brésil ce n'est pas un problème de manque d'eau mais de gestion de l'eau. La construction de citernes, par exemple, est un système +d'adaptation+ pour réduire les risques de vulnérabilité de la population", a expliqué le chercheur.

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