POLITIQUE

Dons de prête-noms: Marois croit que les allégations contre son mari ont été faites par vengeance

01/04/2014 09:45 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

GRANBY, Qc - Ce ne sont pas les actuels chefs de partis qui sont responsables de l'acrimonie qui caractérise la campagne électorale, mais bien l'ex-premier ministre Jean Charest, a analysé Pauline Marois au lendemain de la diffusion d'un reportage mettant en doute l'intégrité de son époux.

Même si les soupçons entourant Claude Blanchet viennent chambouler le plan de campagne du Parti québécois (PQ) à moins d'une semaine du jour J, la chef péquiste dit ne pas regretter d'avoir fait du thème de l'intégrité un enjeu électoral.

«J'avais tellement pas peur qu'on scrute mon propre comportement ou celui de mon parti que je n'ai jamais hésité à me lever des dizaines de fois à l'Assemblée nationale pour demander une commission d'enquête sur l'industrie de la construction en lien avec l'octroi de contrats et le financement des partis politiques», a-t-elle lancé en conférence de presse, mardi, à Drummondville.

À l'époque où ce débat faisait rage, les libéraux de Jean Charest formaient le gouvernement. Et ce sont eux que Pauline Marois pointe du doigt pour expliquer la tournure de cette campagne électorale.

Elle dit partager l'avis des observateurs et analystes politiques à ce chapitre: les attaques, depuis le début de la campagne, sont incessantes, brutales et négatives à souhait.

«Je m'en attriste très profondément. Très profondément», a lâché Mme Marois, qui a soutenu avoir «mal au coeur» du simple fait d'en parler.

«On vit dans un climat de suspicion inimaginable comme on en a jamais connu au Québec», a ajouté la chef péquiste, qui n'a pas hésité à dire qu'il s'agissait de la campagne la plus négative qu'elle ait vécue.

La première ministre sortante a effectué cette analyse alors qu'elle était mitraillée de questions entourant un reportage-choc diffusé la veille sur les ondes de Radio-Canada.

Comme l'a révélé la société d'État, lundi, un homme d'affaires de la région de Montréal a affirmé dans une déclaration sous serment avoir été sollicité par M. Blanchet en 2007 pour verser des contributions politiques totalisant 25 000 $, dont certaines auraient été faites par des prête-noms.

Pauline Marois a assuré, mardi matin, que Claude Blanchet n'avait pas amassé de fonds pour sa campagne à la direction en 2007.

Elle a soutenu que même si son époux avait la permission de solliciter des fonds à l'époque, il n'a «aucun souvenir» de l'avoir fait.

Selon la leader du PQ, le Directeur général des élections (DGE) du Québec n'a «jamais» trouvé quoi que ce soit à reprocher aux méthodes de financement mises en oeuvre lors de cette campagne à la succession d'André Boisclair, qui avait finalement avorté en raison de la défection de Gilles Duceppe.

Elle a toutefois dit ignorer si un rapport avait été produit par l'organisme: «Je n'ai pas vu son rapport, honnêtement», a-t-elle admis lorsqu'on lui a posé la question.

De son côté, le DGE refuse net de commenter le dossier — même pour simplement préciser si l'enquête est bouclée ou non —, invoquant son devoir de réserve.

«Le DGE ne veut pas s'immiscer dans la campagne électorale, à l'instar de la Commission Charbonneau», a simplement déclaré une porte-parole, Marilyn Brochu.

Pour Mme Marois, il ne fait aucun doute que ces allégations émanent d'un collusionnaire qui veut «se venger» et empêcher le PQ de reprendre le pouvoir.

«On s'est battu pendant près de deux ans pour obtenir une commission d'enquête. On s'est fait des ennemis», a déclaré d'entrée de jeu la chef péquiste en conférence de presse à Drummondville.

«Pour moi, c'est très clair. Nous sommes en face de quelqu'un qui veut se venger et qui souhaite stopper le ménage entrepris par mon gouvernement», a-t-elle ajouté.

Elle n'a cependant pas voulu spéculer sur l'identité de la source confidentielle du journaliste Alain Gravel — dont elle a dit ne pas remettre le travail en question.

L'avocat de Claude Blanchet a néanmoins envoyé une lettre au service du contentieux de la société d'État pour lui signifier que le reportage «relève du libelle diffamatoire» et que son client le tiendrait responsable des dommages.

N'empêche, toute cette histoire ne confirme qu'une chose, de l'avis de Pauline Marois: quelqu'un tente de saboter la campagne du PQ pour favoriser un retour au pouvoir du Parti libéral.

«On sait que le Parti québécois a été très dur avec les entreprises qui ont voulu faire de la corruption ou de la collusion. La première loi que nous avons adoptée, c'est la loi qui encadre l'octroi de contrats pour les firmes privées», a-t-elle martelé.

Prévention en santé

En après-midi, du côté de Granby, Mme Marois s'est engagée à doter le Québec d'une politique nationale de prévention en santé, comme elle l'avait évoqué lors de son discours inaugural, en octobre 2012.

«Au cours des 18 derniers mois, plus d'une centaine de personnes, des experts en santé publique et des personnes de 10 ministères différents, ont travaillé à l'élaboration d'une politique nationale de prévention», a exposé Réjean Hébert, ministre sortant de la Santé.

Les champs d'action de la politique sont nombreux: maintien de l'autonomie des personnes âgées, lutte à la pauvreté infantile et aux troubles de santé mentale ainsi que diminution de l'exposition aux facteurs de risque environnementaux.

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