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Al-Sissi qualifié de « tyran » par les Frères musulmans

01/04/2014 04:37 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Le guide suprême des Frères musulmans égyptiens a qualifié mardi Abdel Fattah Al-Sissi, ancien chef des armées et grand favori à l'élection présidentielle de mai, de « tyran », tout en prédisant sa chute rapide.

Mohamed Badie s'exprimait derrière les barreaux du tribunal où il est actuellement jugé pour incitation à la violence. « Le peuple n'acceptera pas un tyran issu de l'armée », a-t-il dit, allusion à Abdel Fattah Al-Sissi qui a démissionné mercredi dernier de son poste de ministre de la Défense et de chef des armées pour briguer la présidence.

Le maréchal a déposé en juillet 2013 le président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, qui avait été élu l'année précédente.

Son éviction a marqué le point de départ de l'un des plus durs mouvements de répression que la confrérie a eu à subir en 86 ans d'existence. Plusieurs centaines de ses partisans ont été tués lors d'une manifestation en août dernier et des milliers d'autres, à l'image de Mohamed Morsi, ont été arrêtés.

Lors de l'audience, Mohamed Badie a une nouvelle fois rejeté les accusations du gouvernement, selon lequel la confrérie est une organisation terroriste.

« Depuis plus de 85 ans qu'il existe, le mouvement n'a jamais versé dans le terrorisme (...), même quand celui-ci était pratiqué par l'État, et a beaucoup eu à souffrir pour cette raison », a-t-il dit. « (Les dirigeants actuels) sont des terroristes. Ce Sissi est à l'origine du terrorisme », a-t-il ajouté.

Le guide suprême des Frères musulmans, âgé de 70 ans, est poursuivi pour les violences qui avaient éclaté dans la région de Minya après la dispersion des campements pro-Morsi en août au Caire.

La Grande-Bretagne va enquêter sur les Frères musulmans

Le premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête sur les activités au Royaume-Uni et à l'étranger de la confrérie des Frères musulmans, une organisation considérée comme terroriste en Égypte.

Londres, où se trouvent de nombreux groupes inspirés de l'idéologie des Frères musulmans, cherche en particulier à savoir si, comme le prétendent des chefs d'État de certains pays arabes, le mouvement présente une menace pour la sécurité.

Les Frères musulmans, arrivés au pouvoir en Égypte dans la foulée de la révolution de 2011 puis évincés par l'armée en juillet de l'année dernière, se sont toujours défendus de mener des actions violentes.

« Il est important de nous assurer que nous comprenons pleinement le sens de cette organisation, ce qu'elle représente, quels sont ses réseaux, ses opinions sur l'extrémisme et la violence extrémiste, (...) quelle est son implantation au Royaume-Uni », a déclaré David Cameron à la presse.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatti, a salué la volonté de Londres de se pencher sur la question. Le gouvernement britannique attend les conclusions de cette enquête, confiée à son ambassadeur en Arabie saoudite, John Jenkins, pour juillet.

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