La religion de moins en moins importante pour les Québécois

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Alors que le débat sur la charte des valeurs a ramené au premier plan la place de la religion dans l'espace public, moins de 60 % des Québécois se disent encore catholiques, selon un sondage Radio-Canada/CROP.

Les débats entourant la charte, le voile islamique, le crucifix à l'Assemblée nationale et les accommodements raisonnables donnent l'impression que les Québécois sont polarisés sur la question de la religion. Mais la réalité démontre que peu de Québécois ont encore la foi.

Important déclin

Au Québec, le déclin de l'Église s'est accéléré à tel point, que pour une forte majorité de catholiques québécois, la religion n'a maintenant que peu ou pas d'importance dans leur vie.

En 2001, les catholiques formaient 83 % de la population québécoise. Dix ans plus tard, ce nombre baisse à 75 %.

Selon ce récent sondage, 20 % de Québécois auraient abandonné la religion catholique au cours des quatre dernières années.

« Ils (les Québécois) étaient catholiques et ils se désaffilient de cette institution. Et aussi rapidement, on voit que nous sommes entrés dans une autre phase » dit Martin Meunier sociologue des religions à l'Université d'Ottawa.

Parmi les Québécois qui se disent catholiques, seulement 32 % affirment que c'est parce qu'ils ont la foi. De plus, 59 % se disent catholiques parce qu'ils ont été baptisés; 35 % parce que leurs parents sont catholiques.

Des chiffres qui sont très significatifs, croit Daniel Baril, militant au sein du Mouvement laïc québécois. « Ça veut dire que pour les Québécois dans l'ensemble, la religion, sa doctrine, son enseignement, ses dogmes, ce n'est pas du tout important. »

Transmission de la religion

Le nouveau cardinal de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, sait que la survie de l'Église repose sur les futures générations, mais le défi est de taille. Soixante pour cent des parents catholiques ne parlent que rarement ou jamais de religion à leurs enfants.

Le Vatican et le pape François misent beaucoup sur une nouvelle évangélisation pour reconquérir l'âme des sociétés occidentales. Mais, l'Église n'a pas encore trouvé la bonne méthode pour attirer de nouveaux fidèles, croit le cardinal Lacroix. « Les changements se sont produits tellement rapidement, dans la société et dans l'Église. On a essayé de bien des façons de s'ajuster et on n'a pas trouvé encore la bonne façon de le faire. »

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