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28/03/2014 11:35 EDT | Actualisé 28/03/2014 11:35 EDT

«Excessif», d'Étienne Dano : ce je-ne-sais-quoi qui fait défaut (VIDÉO)

Étienne Dano démontre de jolies qualités dans son premier one man show, intitulé Excessif : un indéniable sens de l’observation, une imagination débordante (mais vraiment débordante) qu’il sait mettre en mots et raconter avec punch, une simplicité et un charisme touchants (il fait même le tour de la salle pour saluer les spectateurs un à un avant le début de sa prestation!) Qui plus est, le garçon est sympathique, et on sait qu’il a trimé dur pour arriver à cette première médiatique qui avait lieu mercredi soir, au Théâtre St-Denis.

Malheureusement, il lui manque ce je-ne-sais-quoi qui nous aurait fait nous bidonner réellement, nous esclaffer à en perdre haleine. Cette petite étincelle qui aurait démarqué son talent de celui de tous les autres jeunes humoristes qui débarquent sur nos scènes chaque année. On sait qu’il est difficile de réinventer la roue mais, dans un marché de plus en plus achalandé, il devient primordial d’apporter un soupçon d’originalité pour se distinguer de ses semblables. Hélas, on n’a pas senti de touche unique chez Étienne Dano. Mercredi, on a souri à plusieurs reprises, mais les véritables fous rires n’ont pas été au rendez-vous, et ce, même avec toute l’ouverture et la bonne volonté du monde. Peut-être ses textes gagneraient-ils à être retravaillés; d’emblée, les sujets choisis regorgent de potentiel, mais on dirait qu’on n’a pas su les rendre mordants ou surprenants. Les transitions entre les différents numéros devraient aussi être mieux définies; cet aspect serait peut-être à revoir avec le metteur en scène, Joseph Saint-Gelais.

Bons moments

Mais Dano a quand même du talent. Son segment sur son enfance dans les années 1980 est efficace - son récit d’une partie de Monopoly est délicieux, et son clin d’œil aux lits d’eau vise dans le mille («C’a été à la mode, quoi, deux ou trois nuits?»). On aurait aimé qu’il joue davantage dans ces zones tout au long du spectacle. Son retour sur sa première cuite, à l’âge de 14 ans, est amusant sans être hilarant (un petit verre de rhum & shoulders, quelqu’un?) Et sa manière d’illustrer les images que font jaillir en lui sa peur du sang est impressionnante; c’est probablement là que les aptitudes de conteur du jeune homme sont les mieux exploitées. En revanche, son énumération des détails qui le rendent impatient tombe vraiment à plat (les blagues sur les pancartes de stationnement à Montréal, on les a entendues mille fois). Pas un grand cru, non plus, que cette portion où il fait crier «Ta yeule!» au public à des insignifiances dérangeantes du quotidien.

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Étienne Dano : autodidacte et excessif

Fort sur les jeux de mots, Étienne Dano exploite souvent le filon, non sans nous laisser sentir qu’il sait le procédé un peu dépassé. Belle autodérision, ici. On ne peut que s’incliner devant le rap qu’il a composé pour «rendre hommage» à son enfance dans un casse-croûte, ou encore, sa description presque sensuelle d’une visite au Subway. Qui aurait cru qu’un sous-marin pouvait donner autant de sueurs, chaudes ou froides, à quelqu’un…

Mais le meilleur moment d’Excessif, c’est lorsqu’Étienne Dano parle de sa dépendance au jeu, un problème réglé depuis trois ans. Bonne idée que de revenir avec un regard juste et lucide sur cette période où sa vie ressemblait «à une toune d’Éric Lapointe», un thème rarement abordé en humour. Malheureusement, mercredi, la jeune vedette a livré ses lignes rapidement, sans faire de pauses pour permettre au parterre d’apprécier son monologue, d’en saisir les nuances. Ajouter un peu d’émotion au numéro ne le rendrait qu’encore plus intéressant.

Étienne Dano présentera de nouveau Excessif au Théâtre St-Denis ce vendredi et ce samedi, 28 et 29 mars, et en supplémentaires les 14 et 15 octobre. Il fera ensuite un saut à Québec au début avril. Pour connaître toutes les dates de sa tournée, on consulte le www.etiennedano.com.

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