POLITIQUE
28/03/2014 12:09 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014 - Le débat linguistique s'invite dans la campagne (VIDÉO)

QUÉBEC - Jadis optimiste sur la souveraineté, Jean-François Lisée est apparu résigné, vendredi matin, vis-à-vis la tendance qui semble se dégager chez une forte majorité d'électeurs québécois face à la question référendaire.

Moins de 24 heures après que Pauline Marois eut admis être «bien consciente» que la population ne voulait pas d'un référendum, M. Lisée est allé plus loin, se disant pessimiste comme jamais auparavant de voir un référendum pendant le premier mandat d'un gouvernement péquiste majoritaire.

Selon M. Lisée, les Québécois ont une grande crainte d'un troisième échec référendaire et hésitent, pour cette raison, à se lancer de nouveau dans l'aventure.

«J'ai été très frappé du signal qui a été envoyé par les Québécois au début de cette campagne. Très frappé. Je suis pessimiste sur la possibilité d'avoir un référendum dans ce premier mandat», a avoué M. Lisée, qui occupait la fonction de ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur au sein du gouvernement Marois.

Lors de son point de presse à la suite du face-à-face des chefs jeudi soir, Mme Marois avait affirmé «qu'en ce moment-ci», elle était «bien consciente» que les Québécois ne voulaient pas d'un référendum.

«Et s'ils n'en veulent pas, je vais être capable de les écouter», avait-elle ajouté.

La question référendaire a fait les manchettes à un tout autre niveau vendredi, plaçant même le bureau du Directeur général des élections du Québec (DGÉQ) dans une position embarrassante. Son directeur général, Jacques Drouin, a dû corriger le tir et contredire son porte-parole, Denis Dion. Ce dernier avait affirmé au journal Le Soleil qu'advenant l'élection d'un gouvernement péquiste majoritaire, le DGÉQ entamerait aussitôt des préparatifs en vue de la tenue d'un référendum sur la souveraineté.

M. Drouin a qualifié ces propos de «regrettables». Il n'a «jamais été question au DGÉQ, d'aucune façon, de se préparer à tenir un référendum dans un avenir imaginable et selon quelque échéancier que ce soit», a-t-il indiqué.

Le DGÉQ a ajouté que, de toute façon, la Loi sur la consultation populaire devrait d'abord être mise à jour, avant d’entreprendre quelque préparatif que ce soit.

Loi sur le français

Quelques jours avant la fin des hostilités, le débat linguistique a fait son apparition dans la campagne électorale.

Après l'échec de son gouvernement de faire adopter une réforme de la Charte de la langue française, Pauline Marois est revenue à la charge vendredi pour dire que si elle formait un gouvernement majoritaire le 7 avril elle allait déposer «rapidement» un nouveau projet de loi «plus compréhensible» visant à renforcer le statut du français au Québec, et particulièrement à Montréal, où elle dit observer un «recul» de la langue officielle du Québec au profit de l'anglais.

En point de presse à Montréal, Mme Marois a dit que cette nouvelle mouture de la loi 101 mettrait l'accent notamment sur la francisation des immigrants, pour leur donner un meilleur accès au marché du travail, et la langue de services dans les commerces.

Par ailleurs, un gouvernement péquiste renoncerait à étendre l'application de la loi 101 au cégep.

Toutefois, s'ils sont reportés au pouvoir, les péquistes comptent instaurer une épreuve uniforme de français dont la réussite serait nécessaire pour l'obtention d'un diplôme d'études collégiales (DEC) dans les établissements anglophones.

Les troupes de Pauline Marois souhaitent ainsi contribuer au rehaussement du niveau de maîtrise de la langue de Molière chez les étudiants qui fréquentent le réseau collégial anglophone du Québec.

Pointé du doigt la veille par ses rivaux, lors du débat télévisé des chefs, tant sur ses positions quant au bilinguisme en milieu de travail, ses relations passées avec le Dr Arthur Porter que son compte bancaire dans un paradis fiscal dans les années 90, le chef libéral Philippe Couillard a dû justifier et expliquer ses décisions passées, vendredi, alors qu'il souhaitait parler plutôt d'accès à la propriété.

À Blainville, il a dit que sa position sur la loi 101 n'avait pas changé. À propos de son séjour de quatre ans en Arabie saoudite et de son choix, à l'époque, de placer son argent dans un paradis fiscal à Jersey, sans payer un sou d'impôt, il a dit que c'était non seulement légal, mais légitime.

Ragaillardi par sa performance de la veille au débat des chefs, saluée par plusieurs observateurs, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est montré optimiste, au point de pouvoir à nouveau espérer former un gouvernement le 7 avril, malgré des sondages qui le placent au troisième rang.

Lors d'une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en matinée, il a dit que le temps était venu de «sortir de la paralysie des dernières années» et de «l'alternance entre les deux vieux partis».

Il a réclamé de Philippe Couillard qu'il rende publics les états financiers de l'entreprise qu'il détenait avec Arthur Porter, l'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Le leader libéral n'a pas acquiescé à la requête de M. Legault. En lieu et place, M. Couillard a plutôt dévoilé un avis juridique afin de prouver que son entreprise avec le docteur Porter n'a jamais été opérationnelle.

Un document de trois pages de la firme Gowlings, daté du 25 octobre 2012, reconnaît que la «Société a été constituée mais qu'elle n'a pas été valablement organisée», et qu'elle n'a pas été immatriculée au Québec sous la Loi sur la publicité légale des entreprises.

Gowlings affirme également qu'il n'y a pas eu d'assemblée annuelle des actionnaires, d'après le rapport déposé auprès des autorités fédérales en 2011. La société a ainsi été dissoute le 4 octobre 2012, au lendemain de l'arrivée de M. Couillard dans la course à la direction du PLQ.

Par ailleurs, la chef péquiste Pauline Marois a affirmé vendredi matin que si son époux, Claude Blanchet, ne faisait pas campagne à ses côtés, c'était pour une seule raison: arpenter en son nom sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, où elle n'est allée qu'une seule fois depuis le début de la campagne.

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