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28/03/2014 09:47 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014 - Le chef de la CAQ François Legault est plus optimiste qu'il ne l'était (VIDÉO)

MONTRÉAL - Au lendemain du dernier débat des chefs de la campagne, le leader de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait preuve d'optimisme, vendredi, tout en menant une opération charme auprès des acteurs économiques et politiques de la métropole.

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Legault a soutenu que «la métropole ne fonctionne pas et qu'elle ne joue pas son rôle de locomotive», affirmant que l'économie devait redevenir une priorité.

Lors du débat télévisé de la veille, M. Legault avait tiré à boulets rouges sur les crédits d'impôts accordés aux entreprises du domaine du multimédia. «Allez-vous faire des études avant de les éliminer?», lui a demandé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce.

M. Legault a répondu que cette industrie était maintenant suffisamment dynamique pour ne plus avoir besoin de l'aide de l'État.

«Les crédits d'impôts, c'est dans beaucoup de cas 20 000 $ par année par employé à vie. Des ingénieurs et des personnes qui ont une expertise, les entreprises se les arrachent. Donc, c'est spécial que le gouvernement donne 20 000 $ de cadeaux aux entreprises, alors qu'il en manque!», a répondu M. Legault, affirmant que ce sont des entreprises étrangères qui profitent de cette mesure.

Tout comme il l'avait fait à Québec, le chef caquiste s'est montré prudent quant à ses engagements pour la métropole. Il n'est pas question pour lui de promettre de l'argent neuf pour des projets, sans avoir un portrait complet des besoins.

«M. Couillard et Mme Marois ont accepté la demande (de M. Coderre) concernant le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie sans savoir toutes ses demandes. Je trouve ça irresponsable», a soutenu M. Legault, après une rencontre avec le maire de Montréal, Denis Coderre.

Le chef caquiste s'est dit ouvert à l'idée d'accorder un statut particulier à la plus grande ville du Québec. Les pouvoirs sont aussi trop décentralisés et le maire de Montréal doit avoir davantage de pouvoirs, tranche le chef de la Coalition.

«Quelqu'un qui essaye de passer du Métropolitain vers le centre-ville, il passe par le plateau où c'est à peu près défendu d'avoir une auto. Il faut que le centre-ville soit accessible. Il faut donner les pouvoirs au maire pour que la ville fonctionne», a-t-il dit.

Denis Coderre a salué la visite de cet autre chef politique.

«Une métropole forte fait un Québec fort. M. Legault a à coeur les intérêts de la métropole. On n'est pas toujours d'accord, notamment sur la charte» de la laïcité, a confié le maire.

M. Legault s'est montré revigoré, vendredi, clamant que son état d'esprit s'était transformé depuis les échanges musclés de la veille.

«Je suis pas mal plus optimiste que je l'étais avant le débat», a-t-il confié.

Le chef caquiste juge que ses adversaires libéral et péquiste ont connu un débat difficile. Il souhaite maintenant convaincre les Québécois qu'il est possible de «sortir de la paralysie des dernières années» et de «l'alternance entre les deux vieux partis».

M. Legault s'est dit heureux d'avoir pu transmettre ses idées aux Québécois, qui ont vu, selon lui, que Philippe Couillard et Pauline Marois n'étaient pas prêts.

Il était particulièrement satisfait d'avoir pu parler du projet de charte de la laïcité de la CAQ et espère que les électeurs qui ne prévoyaient voter PQ que pour la charte se tourneront plutôt vers son parti, tout comme ceux qui appuyaient les libéraux par crainte d'un référendum.

Charles Sirois sort de l'ombre

L'homme d'affaires Charles Sirois, cofondateur de la CAQ, a fait une première apparition publique en assistant à l'allocution du chef caquiste devant les acteurs économiques de la métropole.

Alors que la troisième voie que souhaite incarner la CAQ ne semble pas être en mesure de s'imposer, M. Sirois a utilisé des mots très durs pour décrire le portrait politique actuel dans la province.

«Ça semble être difficile d'être un troisième parti dans le mode de scrutin que l'on a. Les gens se disent 'j'aime bien la CAQ, mais je suis fédéraliste, je vais voter libéral' ou encore 'J'aime bien la CAQ, mais je suis souverainiste, je vais voter PQ'. Ça fait 40 ans qu'on est de même et on est dans la marde», a-t-il lancé.

Il considère que les priorités de l'État doivent être impérativement revues et qu'un ménage s'impose en matière de finances publiques. «Actuellement, on est dans la mentalité des droits acquis. On a une mentalité de syndiqués au Québec», a-t-il ajouté.

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