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27/03/2014 07:46 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Des taux hypothécaires tombent sous les 3 %

chris sadowski via Getty Images

TORONTO - Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a affirmé qu'il n'interviendrait pas et ne chercherait pas à renverser la réduction marquée par la Banque de Montréal (TSX:BMO) d'un demi-point de son principal taux hypothécaire, parlant d'une décision «privée».

La Banque de Montréal offre maintenant un taux fixe pour un terme de cinq ans à 2,99 pour cent, comparativement à 3,49 pour cent auparavant.

Elle devient la première grande banque à abaisser un tel taux sous les trois pour cent sur cinq ans, ce qu'avait désapprouvé publiquement l'ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, en mars 2013. Il avait également déconseillé aux autres banques de suivre cet exemple.

M. Oliver a fait valoir aux médias, jeudi, que la possibilité qu'une bulle immobilière dommageable résulte de taux extrêmement bas était «hypothétique», et que l'exposition des contribuables aux défaillances a été réduite grâce à différents gestes du gouvernement pour resserrer le marché.

Selon le nouveau ministre des Finances, le chef de la direction de BMO, Bill Downe, l'a informé des changements avant l'annonce de mercredi, à minuit. Il a aussi laissé entendre qu'il n'avait pas tenté de faire changer d'avis le patron de BMO, contrairement à l'approche adoptée par son prédécesseur, M. Flaherty, un an plus tôt.

«Il y a un marché, la banque a pris sa décision, le chef de la direction de la Banque de Montréal m'en a informé, j'ai écouté ses explications, et j'ai réitéré... que le gouvernement réduit graduellement son implication dans le marché hypothécaire», a relaté M. Oliver.

En désapprouvant une décision similaire de la BMO il y a un an, le précédent ministre des Finances, M. Flaherty, affirmait croire au «prêt responsable» et craignait qu'un taux aussi bas nuise à sa tentative visant à freiner le marché immobilier.

Un de ses représentants avait aussi contacté la Financière Manuvie, qui avait annoncé une baisse de taux semblable. La compagnie d'assurances avait renversé sa décision le lendemain, tout comme l'avait fait la BMO.

M. Flaherty a quitté son poste de ministre fédéral des Finances, la semaine dernière, après avoir annoncé sa démission au début du mois. Il retournera à sa carrière dans le secteur privé.

Le porte-parole de BMO, Paul Deegan, a minimisé la coïncidence entre cette baisse de taux et le départ de M. Flaherty.

«Ce changement de taux est motivé seulement par le fait que le rendement des obligations a baissé. De plus, nous traversons la saison qui est traditionnellement la plus occupée pour l'achat d'immobilier», a-t-il expliqué.

D'autres banques canadiennes ont récemment réduit leurs taux. La Banque TD (TSX:TD) a abaissé son taux fixe pour un prêt de quatre ans à 2,97 pour cent au début du mois. La Banque Scotia (TSX:BNS) a quant à elle proposé un taux pour un terme de quatre ans à 2,94 pour cent.

Plus tôt jeudi, M. Oliver avait dit par communiqué surveiller «de près» le marché, sans donner plus de signe de vouloir intervenir.

Le gouvernement fédéral a pris des mesures, par le passé, pour réduire l'endettement des consommateurs et l'exposition du gouvernement au marché immobilier, avait rappelé M. Oliver.

Des analystes ont dit croire que la décision de BMO était visiblement une tentative de s'emparer d'une portion plus importante du marché hypothécaire durant la saison traditionnellement achalandée du printemps.

Mais David Madani, économiste en chef de Capital Economics au Canada, a affirmé que les baisses de taux étaient probablement temporaires et présentaient peu de risques d'une augmentation significative de l'activité.

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