POLITIQUE
27/03/2014 05:27 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Stephen Harper imagine mal un retour de la Russie au G8 (VIDÉO)

Il est « difficile d'imaginer » un retour de la Russie à la table du G8 si son président, Vladimir Poutine, ne change pas sa façon de concevoir les relations internationales « de façon fondamentale », a déclaré jeudi le premier ministre canadien, Stephen Harper, lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel.

M. Harper a indiqué avoir cherché sans succès à faire de M. Poutine un partenaire, mais « il a continué à insister à être un compétiteur, de développer une rivalité plutôt qu'un partenariat. C'est malheureux, mais c'est la réalité », a fait valoir le chef du gouvernement. « Pour moi [...] pour le gouvernement du Canada, c'est difficile d'imaginer un retour à la table du G8 s'il ne change pas de direction de façon fondamentale. »

Devant des gens d'affaires de la Bavière, mercredi, M. Harper avait déclaré qu'il lui semblait de plus en plus évident que la guerre froide ne s'était jamais terminée pour Vladimir Poutine, et que cela influençait la manière dont le président russe voyait les choses.

La chancelière Merkel, qui a déclaré la semaine dernière qu'« il n'y a plus de G8 », a aussi soutenu que le G8 ne pourra se réunir à nouveau que si l'atmosphère est propice et que tous les partenaires partagent « une compréhension commune du droit international et des valeurs communes. »

Les membres du G7 ont décidé au début de la semaine d'annuler leur participation à un sommet du G8, prévu à Sochi. Ils se réuniront plutôt à Bruxelles.

Pas de confrontation militaire

À l'instar du président américain Barack Obama, le premier ministre Harper a assuré que les alliés de l'OTAN « ne cherchent pas une confrontation militaire » avec la Russie. Il a toutefois ajouté que de nouvelles sanctions économiques pourraient être imposées, selon ce qui se passera au cours des prochaines semaines.

« Nous sommes tous d'accord pour examiner des options et de poursuivre de façon très prudente dans cette voie », a-t-il indiqué. Bien qu'il faille soupeser les risques de tels gestes sur l'économie mondiale, a-t-il précisé, il faut aussi « reconnaître les risques pour l'économie quand une grande puissance viole les règles fondamentales du droit international ».

Par ailleurs, M. Harper n'a pas voulu s'avancer lorsqu'il a été interrogé sur la possibilité que le Canada favorise les exportations de gaz et de pétrole vers les pays de l'Union européenne, afin de les délester de leur dépendance aux sources d'énergie russes. « C'est une question indépendante de cette situation en Ukraine et en Russie », a-t-il dit.

Outre la situation en Ukraine, M. Harper et Mme Merkel ont discuté de l'accord de libre-échange négocié par le Canada et l'Union européenne. Tous deux se sont dits très heureux de cet accord, qui reste à être ratifié. Ils estiment que l'entente sera profitable pour les populations des deux pays.

M. Harper a par ailleurs souligné la bonne relation qu'il entretient avec la chancelière allemande, qu'il rencontrait en Allemagne pour une cinquième fois depuis qu'il dirige le gouvernement canadien. Il a soutenu que les relations entre les deux pays sont ancrées dans l'histoire, puisque 3 millions de Canadiens, soit 10 % de la population, a des origines allemandes.

La rencontre de Stephen Harper avec Angela Merkel marque la fin de son séjour de 48 heures en Allemagne.

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