POLITIQUE
27/03/2014 02:15 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014 - Couillard aurait dû payer de l'impôt au Québec, selon Drainville

PC

MONTRÉAL - Le Parti québécois croit que Philippe Couillard aurait dû payer de l'impôt au Québec pendant les quatre années où il a travaillé en Arabie saoudite.

Les candidats péquistes Bernard Drainville et Simon Prévost ont critiqué le chef libéral, jeudi après-midi, au lendemain des révélations de Radio-Canada voulant que son salaire de l'époque ait été versé dans un paradis fiscal de l'île de Jersey.

«C'est vrai, Philippe Couillard n'a rien fait d'illégal, mais ce qu'il a fait en dit long sur son éthique et sur ses valeurs morales», a jugé M. Drainville.

«Il savait que, comme étranger, il ne paierait pas d'impôt en Arabie saoudite, mais il aurait pu garder ses comptes ouverts ici au Québec, transférer l'argent de son salaire en Arabie saoudite, et payer de l'impôt comme tout le monde.»

M. Drainville a insisté à plusieurs reprises sur le fait que ce sont «les bons payeurs d'impôts québécois» qui ont payé la formation de neurochirurgien de M. Couillard, qui aurait coûté plus de 800 000 $.

«Il me semble que la moindre des choses, ce serait qu'à partir du moment que tu fais de l'argent avec ta formation de neurochirurgien québécois, il me semble qu'au minimum... paye ton impôt au Québec!», a-t-il lancé.

Questionné sur ses propres habitudes fiscales alors qu'il était correspondant étranger en Amérique latine pour Radio-Canada de 2001 à 2003, Bernard Drainville a assuré qu'il avait alors payé de l'impôt, bien qu'il ait été incapable de préciser où.

«J'ai payé mes impôts, je ne sais pas si je les ai payés au gouvernement mexicain ou si je les ai payés au gouvernement canadien et québécois, mais j'ai payé mes impôts, et je n'ai pas mis mon argent dans un paradis fiscal», a-t-il déclaré.

Les candidats péquistes ont par ailleurs souligné que M. Couillard a eu l'occasion de dire la vérité aux Québécois à deux reprises à ce sujet, mais qu'il a choisi de ne rien dire.

Selon eux, si le chef libéral n'a pas posé un geste illégal, il a prouvé qu'il n'est pas digne de confiance et qu'il n'aurait pas la crédibilité de lutter contre les paradis fiscaux, puisqu'il en a profité lui-même.

«Il se présente comme Monsieur Vertu, Monsieur Couillard. Or plus on en apprend sur son compte, plus on se pose des questions», a avancé M. Drainville.

Il a par ailleurs demandé à M. Couillard de répondre à trois questions: pourquoi ne voulait-il pas payer d'impôt au Québec, combien a-t-il gagné en quatre ans en Arabie saoudite et combien d'impôt a-t-il économisé grâce au stratagème du paradis fiscal.

Le candidat péquiste est cependant demeuré vague lorsqu'on lui a demandé si tous ceux qui utilisent les paradis fiscaux ne sont pas dignes de confiance, se contentant seulement de répéter que le gouvernement québécois, comme les autres gouvernements occidentaux, cherche à faire la lutte aux paradis fiscaux.

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