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Élections 2014 - Legault dévoilera tous ses actifs pour couper l'herbe sous le pied de Couillard

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FRANCOIS LEGAULT
PC

MONTRÉAL - Pauline Marois est hypocrite, selon le chef caquiste François Legault, qui a révélé mercredi que les ministres péquistes avaient aussi à récolter des quotas de financement pour leur parti, qui pouvaient atteindre 80 000 $.

Il s'en prend ainsi à son adversaire péquiste qui a toujours dénoncé cette pratique qui avait autrefois cours chez les libéraux de Jean Charest. Chacun des ministres du cabinet libéral avait en effet à recueillir 100 000 $, jusqu'à ce que cette obligation soit éventée et abandonnée, devant le tollé qu'elle suscitait.

M. Legault, qui a été ministre péquiste de 1998 à 2003 et donc collègue de Mme Marois, l'a accusée d'être «hypocrite» dans ses dénonciations, au moment où la campagne prend des allures de foire d'empoigne sur le thème de l'intégrité.

«Moi, chaque année, j'avais à ramasser à peu près 80 000 $ parce que j'étais senior, a confié M. Legault en conférence de presse à la permanence de son parti à Montréal. Il y avait un montant pour chaque comté, chaque député. (...) Et quand les gens n'atteignaient pas leurs objectifs, ils étaient rencontrés par les gens de la permanence (du parti).»

Il a expliqué que le montant à recueillir était établi selon un calcul complexe et des critères, selon qu'on soit ministre, député, etc. Et les mauvais élèves subissaient de la pression.

«À chaque caucus, pendant la période de financement, on amenait la liste avec un rang, et on essayait de faire honte à ceux qui étaient en bas de la liste», a-t-il ajouté.

Lui confirme qu'il était en haut de la liste, entre autres parce qu'il avait des amis dans le monde des affaires qui pouvaient contribuer à hauteur de 1000 $, 2000 $, 3000 $, ce qui était permis à cette époque.

Ce système de financement avec objectifs précis a eu cours tout au long de sa carrière au Parti québécois, a-t-il assuré.

Le PQ n'a pas mis de temps à contre-attaquer avec des chiffres, mercredi. L'ancien parti de M. Legault a transmis un tableau avec les objectifs qui avaient été fixés pour la circonscription qu'il représentait, Rousseau, et les résultats de 1998 à 2009, année de son départ.

Selon le tableau, les objectifs variaient d'année en année, de 14 000 $ en 2009 jusqu'à 74 000 $ pour l'année électorale de 2003, pour une moyenne de 42 000 $. François Legault était toutefois un collecteur de fonds efficace: il dépassait parfois ses objectifs de 229 pour cent. En 2003, il a récolté 116 000 $, mais en général la moyenne de ses résultats est à 61 000 $.

Par ailleurs, François Legault prédit des jours sombres aux Québécois, le lendemain du 7 avril, «un dur lendemain de veille», s'ils choisissent encore une fois le PQ ou le PLQ, parce que les «vieux partis» n'auront jamais le courage de faire le ménage nécessaire. Il a rappelé la réingénierie de l'État que promettait de faire le libéral Jean Charest en arrivant au pouvoir en 2003.

«Jean Charest n'avait pas de couilles et moi je pense que M. Couillard n'en aura pas plus, parce que ça prend quelqu'un de courageux, a-t-il lancé dans une entrevue avec l'animateur de radio Paul Arcand, à la station 98,5 à Montréal. Il (M. Charest) voulait avoir la paix. On a le choix: ou on défend le contribuable ou on défend les lobbies.»

Il s'est demandé avec une pointe d'amertume «ce que cela va prendre aux Québécois pour les convaincre que cela prend un remède de cheval, pas des doses homéopathiques». Selon lui, ils ont besoin de «quelqu'un qui va dire la vérité».

Cette nouvelle attaque du chef caquiste à l'endroit de M. Couillard, ainsi que les mots utilisés, ont d'ailleurs fait réagir ce dernier.

«Le langage ordurier de M. Legault depuis les derniers jours me déçoit profondément, a dit M. Couillard. C'est quelqu'un envers lequel j'ai du respect. De le voir parler de façon scatologique et franchement dégoûtante à certains moments, ça de me sidère. Est-ce que c'est ça le genre de premier ministre que les Québécois veulent avoir? Je pense que la réponse sera donnée.»

Dans un autre ordre d'idée, M. Legault a tenu à assurer que la CAQ n'avait pas été contactée par l'Unité permanente anticorruption, contrairement au PLQ et au PQ.

«Je n'ai pas d'information à cet effet», a-t-il répété.

Par ailleurs, François Legault a voulu couper l'herbe sous le pied de son adversaire libéral. Le chef caquiste divulguera finalement tous ses actifs, pour éviter, selon ses mots, que Philippe Couillard ne détourne l'attention loin de ses propres problèmes d'intégrité.

François Legault a ainsi relevé le défi lancé par M. Couillard et ira plus loin que ce que demande le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale. Outre sa déclaration d'intérêts, François Legault s'engage donc à dévoiler, d'ici à quelques jours, tous ses actifs et ceux de son épouse, Isabelle Brais.

Cela comprend son domicile et des obligations du Québec, selon ce qu'il a précisé.

Il a indiqué qu'il trouve la demande de M. Couillard exagérée, mais il a dit qu'il déposera tout, parce qu'il n'a rien à cacher.

Il a admis que cela fera un peu sensationnaliste, quand on verra notamment la valeur de sa maison.

Néanmoins, il affirme qu'il ne veut ainsi laisser aucune chance à Philippe Couillard de faire dérailler la campagne ou faire diversion par rapport à ses propres problèmes d'intégrité avec Arthur Porter, l'ancien patron du Centre universitaire de santé McGill accusé de fraude et de corruption.

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