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« Crimes à la librairie » : les plus grands auteurs policiers du Québec sont réunis

26/03/2014 02:08 EDT | Actualisé 26/03/2014 02:12 EDT
Courtoisie

Ode aux romans policiers, le collectif Crimes à la librairie rassemble Patrick Sénécal, Chrystine Brouillet, Martin Michaud, André Jacques et 12 autres des plus grands auteurs québécois du genre. Leur défi : élaborer des enquêtes, des meurtres sanglants, des crimes complexes et des histoires de vengeance dans un contexte aux apparences bien calmes, les librairies.

Auteurs de renom ou de la relève, classiques ou excentriques, allant des polars aux romans noirs, avec des soupçons de fantastique ou de géopolitique, la crème de la crème de la littérature policière québécoise est fièrement représentée dans ce recueil publié aux Éditions Druide.

Dans le lot des 16 nouvelles, Patrick Sénécal invente une histoire avec un bouquin sur lequel est inscrit, « Lisez ce livre ou quelqu’un mourra », André Jacques raconte la punition à prévoir pour une erreur commise dans l’organisation d’un crime, Martin Michaud dévoile les ramifications d’un crime – célèbre – laissées en héritage, Florence Meney y va de meurtres en série dans une librairie, Chrystine Brouillet retrouve sa fidèle Maud Graham pour élucider un meurtre et un vol de livre ancien et Martine Latulippe s’attaque au crime parfait.

L’idée du collectif est née dans l’esprit de Richard Migneault, auteur du blogue spécialisé en romans policiers Polar, noir et blanc, coordonnateur des prix Tenebris des Printemps meurtriers de Knowlton et membre du Club de lecture de Saint-Pacôme.

L’homme a mis ses auteurs au défi en leur imposant de camper leur histoire dans une librairie. « Je cherchais une thématique pour les placer dans un déséquilibre littéraire, afin qu’ils utilisent leur propre mode d’écriture pour s’en sortir. Les librairies sont des lieux où la violence et les crimes n’ont pratiquement jamais leur place. On y retrouve généralement une ambiance feutrée d’où émane un grand sentiment de calme. Avec un endroit pareil, je voulais amener les auteurs à se découvrir et à sortir de leur zone de confort. »

Ce contexte de création a poussé plusieurs membres de la bande des 16 à réfléchir et à commenter sur les romans policiers, la littérature, les best-sellers et l’industrie du livre en général.

À titre d’exemple, Jacques Côté traite de syndicalisation des libraires dans un grand magasin, Patrick Sénécal s’intéresse à un professeur qui snobe les polars, Johanne Seymour signe un autodafé de la littérature facile et Robert Soulières invente la revanche d’un écrivain fantôme.

De toute évidence, Richard Migneault espère que Crimes à la librairie encourage les lecteurs à mieux connaître les écrivains d’ici, qui sont selon lui aussi captivants que les grands auteurs américains, suédois et français.

En plus de mener le collectif, il a pris la plume pour présenter chacun des écrivains à sa façon. « Je voulais leur donner un espace de création et offrir ma vision de lecteur passionné, en livrant ce que je pense d’eux, de mes lectures et de leur carrière. Si un lecteur du recueil accroche sur la nouvelle d’un auteur qu’il ne connaissait pas, il pourra en apprendre davantage sur son univers et poursuivre sa découverte en lisant ses autres livres. »

Migneault souhaite également redonner ces lettres de noblesse au genre policier, souvent regardé de haut par certains amoureux des mots.

« Plusieurs lecteurs ont longtemps eu l’impression qu’il s’agissait d’une littérature de seconde zone, qui produisait des romans faciles à écrire et qu’on oubliait vite. Pourtant, quand on y goûte, on se rend compte qu’il s’agit d’une littérature qui s’intéresse énormément aux problématiques du monde actuel. Au niveau sociologique et psychologique, les polars peuvent nous amener à faire des réflexions très intéressantes. C’est maintenant une littérature de haut niveau, et pas seulement un genre pour la détente. »

Crimes à la librairie est disponible depuis le 26 mars 2014 en magasins.

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