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Québec solidaire veut des transports collectifs gratuits dans 10 ans à Montréal

25/03/2014 04:05 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Dans le cadre de son projet visant à développer une économie libérée du pétrole, Québec solidaire propose des investissements de 5 milliards de dollars sur cinq ans pour améliorer les infrastructures de transport en commun, ainsi qu'un financement de 200 millions annuellement pour diminuer le prix du titre de transport mensuel.

« Sur dix ans, on vise la gratuité [des transports collectifs] », a rappelé mardi matin Manon Massé aux côtés d'autres candidats de Montréal rassemblés pour la présentation des priorités montréalaises de leur parti.

Québec solidaire se réjouit par ailleurs que la Ville de Montréal ne laisse pas partir le Bixi malgré les problèmes financiers, et estime que le gouvernement du Québec pourrait soutenir financièrement cette offre de vélo en libre-service dans le cadre des investissements pour les transports actifs.

Plus de pouvoirs à Montréal

Pour « penser Montréal autrement », Québec solidaire soutient que le gouvernement du Québec doit accorder un statut particulier à la métropole et lui transférer davantage de responsabilités. La co-porte-parole du parti, Françoise David, a soutenu que Montréal doit être « moins dépendante des taxes foncières et des décisions budgétaires des autres paliers de gouvernement », et qu'il faut ainsi revoir le partage des pouvoirs « dans plusieurs domaines essentiels à son développement social, économique et culturel ».

Mais Québec solidaire ne veut pas d'une métropole trop indépendante. « Ça prend une discussion pour voir jusqu'où on veut donner des responsabilités à Montréal », a précisé Françoise David.

Estimant avoir « en partie » les mêmes priorités que le maire Coderre, la candidate dans Gouin affirme que son parti « ne veut pas de cités-États. Les maires Coderre et Labeaume sont allés pas mal loin dans leurs revendications. Nous on dit : "Attention, il y a un gouvernement à Québec qui continue de gouverner". Mais, dans le cas des grandes villes, et même peut-être dans le cas des plus petites municipalités, il y a une discussion à faire sur le partage des pouvoirs. Je pense entre autres à la question de l'itinérance. On sait qu'à Vancouver, c'est la ville qui assume entièrement ce dossier. Est-ce qu'à Montréal, ça ne pourrait pas être le cas? C'est une chose qu'on pourrait discuter ».

Une entente négociée sur les régimes de retraite

Québec solidaire souhaite que le gouvernement du Québec laisse « une réelle place à la négociation entre Montréal et ses employés sur le financement de leur régime de retraite, le partage de ses coûts et les moyens d'en assurer la pérennité ».

Les caisses de retraite sont lourdement déficitaires et les villes du Québec veulent un nouveau partage des coûts avec leurs employés.

« Ce que l'on dit dans la question des régimes de retraite, c'est que pendant des années où le régime était rentable, aucun surplus n'a été mis en réserve pour balancer les mauvaises années », soutient Alexandre Leduc, candidat dans Hochelaga-Maisonneuve. « On trouve ça assez injuste de continuer à mettre toute la pression sur les travailleurs alors qu'ils ont fait leur part dans le passé, ils ont financé leur régime, ça leur appartient aussi ce régime-là, et de donner une carte blanche aux maires, que ce soit celui de Québec ou de Montréal, pour commencer à aller jouer dans les régimes de retraite. C'est dangereux parce que ça vient débalancer ce qui est la philosophie depuis des décennies [...], c'est-à-dire qu'on doit toujours rechercher une entente négociée et non imposée. »

Parmi ses autres priorités pour Montréal, Québec solidaire propose d'abolir le règlement P-6 qui interdit de participer à une manifestation à visage couvert et oblige les organisateurs à fournir un itinéraire à la police, d'investir dans 22 500 nouveaux logements sociaux, d'empêcher la perte de logements locatifs et d'instaurer un mode de scrutin proportionnel au conseil municipal.

Québec solidaire indique que d'autres propositions qui touchent Montréal, nommément sur la langue française et l'intégration des immigrants, seront présentées d'ici la fin de la campagne.

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