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Chine: la BM préconise une urbanisation plus responsable, pointe le coût de la pollution

25/03/2014 05:45 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

La Banque mondiale a préconisé mardi un nouveau modèle d'urbanisation pour la Chine, pointant notamment que les morts prématurées et problèmes de santé générés par la pollution atmosphérique coûtaient jusqu'à 220 milliards d'euros par an au pays.

"Alors que la Chine se prépare à une nouvelle vague d'urbanisation, il sera de plus en plus crucial de surmonter les contraintes de ressources et les problèmes environnementaux", prévient la Banque mondiale dans un rapport cosigné avec un centre de recherches lié au gouvernement chinois.

Le fort taux de mortalité et les atteintes à la santé liés à l'épais brouillard de pollution des métropoles coûtent à la Chine de 100 à plus de 300 milliards de dollars par an, estime ce rapport rendu public mardi.

L'ancien ministre de la Santé Chen Zhu avait cité en décembre, dans la revue médicale The Lancet, des études faisant état de 500.000 décès par an dus à la pollution dans le pays.

Mais les effets se feront aussi sentir à long terme, les nourissons et enfants étant gravement affectés par les particules toxiques, avec des risques accrus de malformations pour les bébés à naître, avertit le rapport.

Certes, la rapide urbanisation de la deuxième économue mondiale -- facteur-clef de son insolente croissance -- a évité le développement des bidonvilles ou un chômage excessif, mais "des tensions apparaissent maintenant sous forme de montée des inégalités sociales, de dégradation de l'environnement et d'épuisement accéléré des ressources naturelles", soulignent la Banque mondiale et les chercheurs chinois.

Les ruraux paient le prix des agrandissements urbains: leurs terres sont souvent rachetées pour un prix équivalent à tout au plus 20% de leur valeur sur le marché, et la superficie des terres arables est désormais proche du niveau minimal supposé garantir la sécurité de l'approvisionnement alimentaire, ajoute le rapport.

Au rythme d'urbanisation actuel, les villes vont absorber 34.000 km2 -- environ la taille des Pays-Bas -- au cours de la prochaine décennie.

Pour les auteurs du rapport, Pékin doit adopter un nouveau modèle d'urbanisation, davantage fondé sur les mécanismes de marché et des principes d'efficacité afin d'endiguer les projets immobiliers spéculatifs et les villes fantômes.

Outre une gestion des terres qui bénéficie davantage aux ruraux, le rapport préconise une réforme des permis de résidence ("hukou") pour offrir un accès accru des travailleurs migrants aux services publics.

La Chine dépensera 5.300 milliards de dollars sur les 15 prochaines années dans des projets d'urbanisation. Mais en concevant des villes plus denses et plus efficaces, le pays pourrait économiser environ 1.400 milliards de dollars, soit 15% de son PIB de 2013, selon une responsable de la Banque mondiale.

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