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Venezuela : une députée opposante déchue de son mandat

24/03/2014 04:02 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

La députée vénézuélienne d'opposition radicale Maria Corina Machado a été destituée de son mandat pour s'être exprimée devant l'Organisation des États américains (OEA) sur la situation au Venezuela, a annoncé lundi le président du Parlement.

Mme Machado "a cessé d'être députée" car elle a été invitée en tant que "fonctionnaire auxiliaire" du Panama devant l'OEA vendredi, a déclaré Diosdado Cabello, président de la Chambre des députés et numéro deux du pouvoir vénézuélien.

Caracas a rompu début mars ses relations diplomatiques et commerciales avec le Panama après que celui-ci eut proposé que l'OEA débatte des troubles qui agitent le Venezuela depuis le 4 février.

Mme Machado souhaitait s'exprimer lors d'une réunion publique du Conseil permanent de l'OEA vendredi à Washington, mais la question vénézuélienne a finalement été exclue de l'ordre du jour de la session, qui s'est en outre tenue à huis-clos.

"Après ses agissements, Mme Machado a cessé d'être députée. Nous sommes en train de donner les instructions pour qu'à partir de cet instant, elle ne rentre plus (à l'Assemblée) comme députée, du moins sous cette législature", a affirmé sur la télévision officielle VTV M. Cabello.

"Elle n'a plus d'immunité parlementaire, elle peut être arrêtée à tout moment sans préavis", a-t-il poursuivi.

Dimanche, la députée, qui se trouve actuellement en déplacement au Pérou, avait expliqué sur Twitter que les Panaméens l'avait "accréditée par erreur et grâce à cela, (elle avait) pu assister à la session à huis-clos et parler depuis leur siège" devant l'OEA.

Mardi, la majorité "chaviste" à l'Assemblée avait déjà voté une résolution demandant la mise en accusation de l'élue pour "trahison" et "homicide", notamment.

La semaine dernière, deux autres opposants radicaux - Daniel Ceballos, maire de San Cristobal (ouest), et Enzo Scarano, maire de San Diego (État de Carabobo, nord) - avaient déjà été arrêtés et incarcérés dans la même prison militaire que Leopoldo Lopez, fondateur du parti Volonté Populaire (droite), détenu depuis le 18 février.

Le Venezuela est secoué par une vague de protestation étudiante relayée par l'opposition concernant l'insécurité, l'inflation, les pénuries et la répression policière du gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

Les violences ayant émaillé ces mobilisations ont fait officiellement 32 morts, dont de nombreuses personnes tuées par balles par des inconnus circulant à moto que les protestataires accusent d'être des nervis du pouvoir.

Parallèlement, le parquet enquête sur 60 plaintes pour abus policiers, et plusieurs membres des forces de l'ordre sont déjà détenus, soupçonnés notamment d'homicides au cours de la répression des manifestations.

Enfin, le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP), a dénoncé dimanche dans un communiqué 74 agressions contre des journalistes par la police depuis le début du mouvement.

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