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Rappels de voitures/GM: un élu américain réclame un fonds pour les victimes

24/03/2014 01:24 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Un élu américain a pressé lundi le département de la Justice de demander à General Motors, en pleine tempête après le rappel de 3,4 millions de ses véhicules, de créer un fonds pour les victimes d'accidents liés à un défaut de clé de contact.

Le sénateur Richard Blumenthal a envoyé une lettre cinglante au ministre Eric Holder affirmant que le constructeur automobile américain avait volontairement dissimulé des informations concernant ce défaut de la clé de contact, associé à la mort de 12 personnes.

Il révèle aussi que le département de la Justice a lancé une enquête sur "l'illégalité flagrante des dissimulations de GM", qui pourrait conduire à des poursuites pénales.

"Compte tenu du rôle crucial que le gouvernement des Etats-Unis a joué dans la création de l'actuel General Motors Corporation, le gouvernement fédéral a l'obligation morale, si ce n'est légale, de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger des consommateurs innocents", écrit le sénateur démocrate.

Il dit craindre que GM soit protégé de toute responsabilité juridique pour des événements antérieurs à son sauvetage par l'Etat en 2009.

"Les dissimulations délibérées (de GM) ont causé la mort et des dommages, et constituent une fraude auprès du tribunal des faillites qui a approuvé sa restructuration", soutient l'élu. Le constructeur automobile a "aussi déçu de manière criminelle le gouvernement des Etats-Unis et le public".

Sollicité par l'AFP, le troisième groupe automobile mondial (après le japonais Toyota et l'allemand Volkswagen) s'est refusé à répondre aux accusations du sénateur.

Il a toutefois indiqué que GM ne devait pas être tenu responsable. "Le nouveau GM n'a pas à assumer les responsabilités liées à des plaintes concernant des incidents ou accidents s'étant produits avant juillet 2009", a fait savoir dans un courriel un porte-parole.

GM avait déposé le bilan en juin 2009 avant d'être renfloué par le gouvernement fédéral. Il était sorti de faillite au bout de six semaines, en juillet 2009, allégé d'une partie de ses dettes et quasi-nationalisé, avant de refaire son retour à la Bourse en novembre 2010.

La lettre du sénateur Blumenthal intervient alors que des poursuites ont été engagées au civil la semaine dernière contre GM, au nom des familles de deux adolescents morts en 2006 dans le crash de leur Chevrolet Cobalt, et d'un survivant de l'accident, qui a été lié au défaut de la clé de contact.

Le groupe de Detroit est sous le feu des critiques depuis l'éclatement de l'affaire des rappels de voitures à la mi-février. Depuis cette date, le premier constructeur américain a rappelé en trois fois au total plus de 3,4 millions de véhicules, essentiellement en Amérique du Nord.

Pour apaiser la tempête et sauver sa réputation, GM a annoncé la création d'un poste de responsable de la sécurité des véhicules, et sa patronne Mary Barra devrait prochainement témoigner devant le Congrès.

GM assure que certains ingénieurs étaient au courant du problème en 2001 et avaient proposé en 2004 une solution mais que rien n'avait été fait.

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