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Obama rassemble un G7-sanction, Moscou renforce son emprise sur la Crimée

24/03/2014 05:10 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama est arrivé lundi matin aux Pays-Bas pour des discussions dominées par la crise ukrainienne qui pourraient exclure la Russie du club fermé des nations les plus riches, en représailles à l'absorption de la Crimée.

Les dirigeants du G7 se réunissent lundi soir à La Haye à l'initiative de M. Obama en marge d'un sommet sur la sécurité nucléaire alors que les forces russes ont pris à l'aube une nouvelle base ukrainienne sur la péninsule de Crimée.

La base de Feodossia est tombée après que des blindés légers et des hélicoptères l'aient investie. Des soldats ukrainiens ont été évacués dans des camions, les mains liées.

La Russie a quasiment achevé l'absorption de la Crimée, considérée par Moscou comme une réunification, poussant les puissances occidentales à revoir leurs relations avec le Kremlin, qui s'étaient pourtant réchauffées depuis la fin de la guerre froide.

Mais alors que Moscou place ce que l'Otan a appelé des forces "très importantes" à proximité de la frontière ukrainienne, certains craignent que Vladimir Poutine ne jette son dévolu sur d'autres parties du territoire ukrainien.

Le sommet sur la sécurité nucléaire prévu à La Haye lundi et mardi devrait dès lors être complètement éclipsé par les discussions sur l'Ukraine.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain John Kerry devaient se rencontrer lundi en marge du sommet nucléaire, et leurs échanges pourraient bien être les plus virulents depuis le début de la crise ukrainienne.

Il s'agira de leur première rencontre depuis que Washington a imposé des restrictions financières contre des personnalités proches de Vladimir Poutine en représailles de l'absorption de la Crimée.

- Craintes d'invasion russe -

John Kerry a déjà prévenu que Moscou risquait de perdre sa place au sein du G8 pour son attitude en Crimée. La Russie avait été admise dans le G8 en 1998, dans la période post-soviétique.

Le Premier ministre David Cameron avait quant à lui soutenu mercredi que Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis, qui se réuniront sans la Russie, actuelle présidente du G8, devaient discuter de l'exclusion définitive de Moscou.

La chancelière allemande Angela Merkel avait pour sa part assuré jeudi, au sujet du sommet du G8 prévu en juin à Sotchi, que "tant que les conditions politiques ne sont pas réunies (...), il n'y a plus de G8, ni de sommet, ni ce format en tant que tel".

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a de son côté annoncé dimanche qu'il ne se rendrait pas à La Haye lundi et mardi car il souhaite conclure des pourparlers avec une mission du Fonds monétaire international sur un programme d'aide à l'Ukraine.

Kiev avait exprimé dimanche sa peur d'une invasion russe imminente de l'est de l'Ukraine, coeur industriel du pays, alors que les troupes russes prennent une par une les bases militaires ukrainiennes.

Cette démonstration de force est la plus spectaculaire depuis le rattachement de la péninsule à la Russie après un référendum.

- Défense mutuelle au sein de l'Otan -

D'autres pays de l'ancien bloc communiste s'inquiètent pour leur intégrité territoriale au regard des velléités expansionnistes de Moscou, même si Barack Obama a réitéré les obligations de l'Otan en termes de défense mutuelle.

"Personne ne doit remettre en question l'engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l'Europe", a déclaré le président américain dans un entretien au quotidien néerlandais de centre-gauche Volkskrant.

"Et si la Russie continue son escalade, nous devons nous préparer à leur faire payer un prix plus élevé", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a assuré dimanche que la tenue du G7 ne perturberait pas un sommet de deux jours lors duquel les dirigeants de plus de 50 pays discuteront à La Haye de la manière d'éviter que des groupes terroristes ne mettent la main sur des matériaux nucléaires.

La sécurité nucléaire est au centre de l'héritage politique que Barak Obama veut laisser. Il assurait en 2009 que le terrorisme nucléaire était "la menace la plus immédiate et la plus extrême (pesant) sur la sécurité mondiale".

Le lauréat du Prix Nobel de la Paix a entrepris de sécuriser les matériaux nucléaires vulnérables dans les quatre ans et les premiers NSS avaient été organisés en 2010 à Washington et en 2012 à Séoul. Un sommet final doit avoir lieu en 2016.

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