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Les experts internationaux de l'évolution du climat (GIEC) réunis près de Tokyo

24/03/2014 08:06 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Une réunion du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) se tient à partir de mardi près de Tokyo, une concertation destinée à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts naturels du réchauffement climatique et les ravages humains et économiques subséquents.

Après avoir livré en septembre dernier les dernières données sur l'ampleur sans précédent du réchauffement, les experts rassemblés à Yokohama doivent publier le 31 mars leur diagnostic non seulement sur les effets d'un tel changement mais aussi sur les nécessaires adaptations.

Aggravation des évènements météorologiques extrêmes, déclin de la survie des espèces animales et végétales, rendements agricoles modifiés, évolution des maladies, déplacements de population: les conséquences à venir du changement climatique sont de nature à déstabiliser une grande partie des équilibres actuels, avertissent-ils.

Selon une version non définitive du document à paraître, pour chaque degré Celsius supplémentaire, la disponibilité des ressources en eau potable se trouverait diminuée de 20% pour l'équivalent de 7% de la population mondiale.

Simultanément, les risques d'inondations, notamment en Europe et en Asie, seraient sensiblement augmentés par les émissions de gaz à effet de serre. La production de céréales (blé, riz et maïs) pourrait quant à elle baisser de 2% par décennie, alors que la demande risque de s'élever de 14% d'ici à 2050.

La pauvreté, la migration et la faim qui résultent des catastrophes naturelles sont des facteurs de conflits, car ils attisent la concurrence sur fond de diminution de ressources, met en garde la version préliminaire du rapport.

Pour ce 2e tome, plus de 300 chercheurs ont compilé des milliers d'études, soumis leurs écrits aux commentaires de la communauté scientifique et proposé un document synthétique destiné aux responsables politiques.

Avant sa publication le 31 mars à Yokohama, cette synthèse appelée "résumé aux décideurs" devra être approuvée par 195 pays.

"Il est très important d'avoir cet accord sur le constat scientifique pour donner une chance à la négociation", expliquait récemment à l'AFP Sylvie Joussaume, climatologue au CNRS et membre du Giec.

L'objectif de la communauté internationale est de parvenir, lors de la Conférence des Nations unies qui sera accueillie en 2015 à Paris, à un accord mondial et contraignant permettant de contenir le réchauffement à 2 degrés à l'horizon 2100, par rapport à l'ère pré-industrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que des conséquences dramatiques seront inévitables.

hih-kap/jr

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