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Élections 2014 - Le PQ veut savoir qui, au PLQ, appuyait la Commission Charbonneau

24/03/2014 10:28 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT
Capture d'écran

LONGUEUIL, Qc - Le Parti québécois (PQ) est sans reproche sur le plan de l'éthique, estime Pauline Marois.

Au 20e jour du périple électoral, la chef péquiste a longuement énuméré en point de presse les torts attribués à l'ancien gouvernement de Jean Charest en matière d'éthique pour mieux éclabousser son rival Philippe Couillard.

L'expression «rien n'a changé au PLQ» est devenue son mantra.

«Ce n'est pas moi qui a inventé le fait que chaque ministre devait amasser 100 000 $ pour financer le Parti libéral. (...) M. (Tony) Tomassi a donné des permis de garderie à des gens qui ont ensuite financé le Parti libéral du Québec, encore une fois on n'a rien inventé. M. Charest a caché pendant 10 ans qu'il recevait un salaire de son parti», a-t-elle fait valoir, de passage à Drummondville.

Comme ils se sont opposés pendant deux ans et demi à la tenue d'une enquête publique sur la construction, l'octroi de contrats et le financement politique, les libéraux n'ont pas la crédibilité requise pour donner suite aux recommandations futures de la Commission Charbonneau, a soutenu Mme Marois.

«Lorsque le choix des électeurs aura été fait, il faudra donner suite à la Commission Charbonneau et à ses recommandations et nous considérons, et je considère, que le Parti Québécois est mieux placé pour donner suite aux résultats d'enquête de la Commission Charbonneau», a-t-elle dit.

Elle a aussi mis au défi les anciens ministres de Jean Charest de rompre le silence et de révéler publiquement, chacun d'entre eux, s'ils étaient en faveur ou non de la tenue d'une commission.

«Les Québécois ont droit de savoir si leur candidat était pour ou contre une commission d'enquête», a souligné la chef du camp péquiste.

Mme Marois associe jour après jour Philippe Couillard au gouvernement libéral précédent mais se défend de faire de la culpabilité par association. Elle dit ne pas mettre en doute, pour le moment, l'intégrité de son adversaire.

«Tant qu'il n'y a pas eu d'allégation et de démonstration qu'il (est) en cause, je respecte M. Couillard et ce qu'il est», a-t-elle déclaré.

Si elle aime s'attarder sur les turpitudes du PLQ, Mme Marois est beaucoup moins loquace lorsque vient le temps de répondre aux questions des journalistes au sujet des accrocs à l'éthique et à la transparence touchant le Parti québécois.

Que ce soit à propos des dons illégaux reçus par le PQ et mis en lumière dans le rapport Moisan (2006) ou du financement douteux de sa course au leadership en 2005 _ une mineure avait contribué illégalement pour 2500 $ à sa campagne _ la chef péquiste réplique avec la même ligne d'attaque contre les libéraux.

«Jamais je n'accepterai que l'on compare le Parti québécois à l'éthique élastique du Parti libéral du Québec. Le Parti québécois a toujours fait respecter la loi sur le financement des partis politiques et lorsqu'une personne a commis un acte répréhensible, nous avons immédiatement agi», a-t-elle insisté.

Mme Marois ne voit également aucune maladresse dans la double nomination de l'ancien chef péquiste André Boisclair en 2012 comme délégué général du Québec à New York et fonctionnaire à vie.

Il a fallu que l'affaire éclate au grand jour pour que M. Boisclair, devant la controverse, renonce à la permanence que lui avait accordée le gouvernement Marois en catimini.

«À chaque fois qu'on a nommé des gens, on a nommé des gens compétents. Personne ne peut remettre en question la compétence d'André Boisclair et celui-ci a renoncé à sa permanence, ce que j'ai accepté sans aucune réserve. (...) Nous avons été très transparents au contraire», a-t-elle avancé.

Rassurée par le DGE

Par ailleurs, Mme Marois a été rassurée par le directeur générale des élections du Québec (DGE) et ne craint plus, du moins pour l'instant, l'ingérence d'étudiants ontariens dans les élections québécoises.

L'inquiétude exprimée dimanche était cependant justifiée et la vigilance reste de mise, a-t-elle argué.

Chiffres à l'appui, le DGE, Jacques Drouin, a déboulonné la thèse d'une fraude électorale organisée dans certaines circonscriptions de Montréal et de l'Estrie.

«Il a tenu des propos rassurants, il est lui-même intervenu pour mieux outiller les présidents de commission de révision (de la liste électorale), il leur a envoyé des documents supplémentaires pour préciser davantage la notion de domicile puisque c'est de ça dont il s'agit. Alors nous avons confiance au DGE», a précisé la leader du Parti québécois.

Mme Marois ne regrette pas d'être montée aux barricades dès que des informations ont commencé à circuler concernant un nombre inhabituel d'étudiants anglophones désirant obtenir le droit de voter au scrutin du 7 avril. Bien au contraire, le Parti québécois continuera de garder un oeil sur l'intégrité du processus électoral, a prévenu la chef péquiste.

Le candidat de la circonscription de Chambly et ministre de la Justice, Bertrand Saint-Arnaud, s'est pour sa part défendu d'avoir réagi de manière disproportionnée sur la base d'informations incomplètes.

Dimanche, il avait affiché publiquement ses craintes de voir l'élection québécoise «volée» par «des gens de l'Ontario et du reste du Canada».

«À la lumière de tout ce qui avait été véhiculé au cours des 72 dernières heures, il y avait des inquiétudes et je pense qu'il s'agissait d'inquiétudes légitimes», a justifié M. Saint-Arnaud qui accompagnait Mme Marois à Drummondville.

«Il y avait des questions à poser, on a exprimé cette inquiétude, on souhaitait être rassuré et je considère que le DGE a tenu hier (dimanche) des propos rassurants», a-t-il poursuivi.

Le chef libéral a saisi l'occasion pour accuser le PQ d'avoir voulu intimider le DGE avec une manoeuvre de diversion «grotesque» pour alarmer la population et mousser l'idée d'un référendum.

«Mme Marois aurait dû rappeler ses porte-parole à l'ordre. C'est littéralement une petite tentative d'intimidation d'une institution indépendante qu'est le DGE», a dit M. Couillard.

«L'immense balloune s'est dégonflée en l'espace de quelques heures, après avoir littéralement attaqué le DGE et avoir mis en cause sa crédibilité», a-t-il ajouté.

Après avoir visité une usine de préparation de sachets de thé à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie, la caravane péquiste s'est rendue à Longueuil pour saluer des militants des circonscriptions de Laporte et de Vachon.

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