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Le cours d'éthique et culture religieuse de retour en Cour suprême

24/03/2014 03:17 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

En plein débat sur la charte des valeurs québécoises, l'école secondaire catholique montréalaise Loyola a fait valoir ses arguments devant la Cour suprême lundi afin d'être exemptée d'enseigner le cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR).

« L'État va trop loin lorsqu'il essaie d'entrer dans les écoles catholiques pour effectivement censurer la façon dont la religion catholique est enseignée », a résumé l'avocat de Loyola High School, Mark Phillips, en entrevue avec La Presse Canadienne après sa plaidoirie.

Devant la Cour suprême, l'école Loyola tente de faire renverser une décision de la Cour d'appel du Québec qui avait donné raison à Québec

Loyola et le droit de la liberté de religion

L'institution d'enseignement souhaite offrir sa propre mouture du cours, mais le ministère de l'Éducation lui a refusé une exemption sous prétexte que le programme qu'elle propose n'est pas équivalent au programme d'ÉCR.

L'école Loyola affirme que son propre cours respecte les exigences du ministère de l'Éducation sur la découverte des autres religions comme le bouddhisme et le judaïsme, ainsi que le respect de celles-ci.

Elle insiste cependant pour dire qu'elle ne peut être tenue d'enseigner le catholicisme en faisant abstraction de la foi et que le fait d'être obligée de le faire porte atteinte à la liberté de religion, un droit protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.

L'avocat de Loyola a fait remarquer que le système d'éducation au Québec permet l'existence des écoles religieuses. Ce droit doit ainsi avoir un sens, dit-il.

Québec défend le cours d'ÉCR

Le but du cours est d'éviter qu'un enseignant explique la croyance d'une autre religion et qu'il dise que c'est « faux », a fait remarquer la juge de la Cour suprême, Rosalie Abella. « La composante religieuse (que Loyola souhaite) contredit l'objectif du cours », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement québécois prétend de son côté que le cours ne viole en rien les droits des croyants, mais qu'il prône la découverte de l'autre, dans le respect et la neutralité.

Tous les points de vue peuvent être discutés, y compris ceux des catholiques, explique-t-il au sujet du cours ÉCR.

Les communautés religieuses qui sont venues plaider devant le plus haut tribunal du pays craignent l'impact que ce jugement pourrait avoir sur leur liberté de religion, et ce, bien au-delà des murs des écoles, comme l'a fait notamment valoir le World Sikh Organisation of Canada.

La Cour a pris la cause en délibéré. Le jugement sera rendu ultérieurement.

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