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La Guinée en guerre contre le virus Ebola, Conakry pour l'heure épargnée

24/03/2014 07:37 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Les trois cas de fièvre hémorragique ayant provoqué la mort de deux personnes à Conakry ne sont pas dus au virus Ebola, mais les organisations internationales et les autorités guinéennes s'employaient lundi à éviter une propagation du virus tueur venu du Sud.

"Pour l'instant, il n'y a pas de fièvre Ebola à Conakry, mais une fièvre hémorragique dont la nature reste à déterminer", a déclaré à l'AFP le Dr Sakoba Keïta du ministère guinéen de la Santé après avoir reçu les premiers résultats d'analyses effectuées à l'institut Pasteur de Dakar dans la nuit de dimanche à lundi.

Ces déclarations contredisent les informations données dimanche par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) affirmant que la maladie, due à Ebola, s'était "propagée rapidement des communautés de Macenta, Guéckédou, et Kissidougou (sud, ndlr) à la capitale, Conakry".

Selon le Dr Keïta, "l'institut Pasteur de Dakar a travaillé en urgence toute la nuit dernière sur des échantillons prélevés sur des (cas) suspects ici à Conakry qui se sont tous avérés négatifs. Dans les prochaines heures, les résultats des examens de l'Institut Pasteur de Dakar nous en diront plus".

Le ministère de la Santé a demandé aux populations de garder "calme et sérénité" car "la maladie reste circonscrite et sous contrôle".

Dans un communiqué rendu public lundi à l'issue d'une réunion dimanche à Conakry, le ministère de la Santé et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquent que "la Guinée a enregistré du mois de janvier au 23 mars un nombre total de 87 cas suspects de fièvre hémorragique virale dont 61 décès", essentiellement dans le Sud.

De premières analyses d'échantillons effectuées par l'Institut Pasteur de Lyon, en France, ont montré que ces cas de fièvre dans le sud de la Guinée étaient dus au virus Ebola qui provoque une fièvre hautement contagieuse, des vomissements et des diarrhées qui tuent dans la plupart des cas.

Aucun traitement ne peut guérir cette fièvre et seules des mesures préventives peuvent empêcher sa propagation, ce à quoi s'activent actuellement les autorités guinéennes, la Croix-Rouge locale et les organisations internationales spécialisés, OMS, Unicef et les sections belge et suisse de Médecins sans frontières (MSF).

- Mesures spécifiques, équipes renforcées -

Le ministère de la Santé et ses partenaires ont déjà pris les mesures suivantes: traitement gratuit de tous les malades dans des centres d'isolement, information et sensibilisation des populations sur les mesures d'hygiène individuelles et collectives, traitement spécifique des corps des malades décédés et recensement de toutes les personnes qui ont eu des contacts directs avec les malades morts - en particulier le personnel médical - et ceux présentant des signes de fièvre, diarrhée, vomissement, fatigue prononcée et/ou saignement.

Des messages de sensibilisation sont en outre diffusés dans tous les médias guinéens.

Des équipes de MSF et de l'OMS sont déjà présentes en Guinée et vont être renforcées pour participer à la mise en place de ces mesures et distribuer des kits d'hygiène et de protection individuelle dans les zones touchées. MSF a actuellement une trentaine de personnes présentes en Guinée.

En outre, des spécialistes des Instituts Pasteur de Dakar et de Lyon sont attendus en Guinée pour "renforcer les capacités du laboratoire de fièvre hémorragique" de Conakry et "appuyer la confirmation rapide des cas suspects à l'intérieur du pays", indiquent le ministère et l'OMS dans leur communiqué.

Plusieurs pays voisins de la Guinée, dont le Sénégal et la Côte d'Ivoire, ont réactivé leur système de surveillance épidémiologique. En Sierra Leone, des contacts ont eu lieu avec le gouvernement guinéen et des équipes médicales ont été envoyées à la frontière avec la Guinée.

L'ONG d'aide à l'enfance Plan International a mis en garde contre une propagation dans cette région frontalière, en soulignant que les enfants étaient les plus vulnérables.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés. Il tire son nom d'une rivière du nord de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) où il a été repéré pour la première fois en 1976. Depuis, il a provoqué la mort d'au moins 1.200 personnes pour 1.850 cas avérés.

Les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission, mais le virus peut aussi se transmettre par les animaux.

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