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La FFQ veut une loi qui garantisse un minimum de 40 % de candidates

24/03/2014 07:06 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) regrette que seuls 30 % des candidats aux élections du 7 avril soient de femmes et plaide pour une loi qui obligerait les partis politiques à respecter une « zone de parité » qui fixerait le taux minimal de candidates à 40 %.

À l'émission Pas de midi sans info sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, lundi, la présidente de la FFQ, Alexa Conradi, a déploré que le taux de candidates stagne à 30 % depuis quatre élections.

Selon elle, le système parlementaire de type britannique a largement contribué à cristalliser cette situation, le bipartisme ayant tendance « à concentrer les enjeux politiques sur certaines questions et à en marginaliser d'autres ».

« On voit que, lorsqu'il y a plus de femmes en politique, les sujets de débat changent un peu, surtout quand elles ont un poids suffisamment important, a-t-elle constaté. Par exemple, on n'a pas vu, pendant la campagne électorale, des enjeux sur la conciliation travail-famille (...) ou encore des enjeux environnementaux, alors que [les sondages] montrent que ce sont des sujets qui intéressent les femmes. »

Qualifiant la situation « d'injustice profonde », Mme Conradi croit aussi que les femmes, habituellement moins riches que les hommes, craignent souvent de ne pas avoir suffisamment d'argent pour financer leur campagne électorale.

D'après elle, seuls les pays qui ont adopté les mesures législatives nécessaires ont réussi à percer ce plafond de verre.

À défaut d'obliger les formations politiques à présenter un minimum de 40 % de candidates, la présidente de la FFQ croit que les partis devraient à tout le moins « mettre des choses en place pour égaliser les opportunités pour les femmes ».

De tous les partis politiques en lice aux élections québécoises, seul Québec solidaire présente un nombre égal de candidats et de candidates, soit 62 hommes et 62 femmes (le parti n'est pas représenté dans la circonscription montréalaise de Nelligan).

Au micro de Jacques Beauchamp, la candidate de QS dans Saint-Henri-Sainte-Anne, Molly Alexander - qui est aussi l'une des seules candidates anglophones du parti -s'est dite favorable à l'adoption d'une loi sur la parité des candidats.

« Nous, dès la formation de Québec solidaire, nous avons mis dans nos statuts que la parité était notre objectif pour nos candidatures, mais aussi pour nos représentants à l'intérieur du parti », a-t-elle expliqué. « On n'accepte pas la prémisse comme quoi les femmes ne veulent pas [se lancer en politique]. Y'a beaucoup de femmes qui veulent aller en politique, mais qui, pour diverses raisons, d'y vont pas. »

La députée sortante d'Acadie Christine Saint-Pierre, qui participait également à la discussion, a pour sa part indiqué que sa formation politique, le Parti libéral du Québec, était en désaccord avec la proposition de la FFQ. « Ce n'était pas quelque chose qui se force, a-t-elle dit. On ne peut pas forcer des gens à se lancer en politique. Ce qu'on peut faire, c'est leur ouvrir des portes. »

Le gouvernement libéral de Jean Charest est passé à l'histoire, en 2007, en présentant le premier Conseil des ministres paritaire de l'histoire du Québec. On assiste toutefois cette année à un recul marqué des candidatures féminines au PLQ.

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