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France: les municipales sonnent comme un lourd désaveu pour Hollande

24/03/2014 04:26 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

L'abstention record et la percée de l'extrême droite au premier tour des municipales dimanche en France claquent comme une sanction pour François Hollande et la gauche au pouvoir.

En boudant les urnes, avec un taux de 38,72% d'abstention jamais vu pour ce type de scrutin, les Français ont exprimé leur défiance à l'égard du pouvoir, pour ce premier test électoral à presque mi-mandat pour le président socialiste.

Bien que bousculée par le Front national de Marine Le Pen dans certaines villes, la droite (UMP et ses alliés centristes) bénéficie globalement de ce mécontentement. La gauche en forte baisse prend en revanche une véritable gifle. Selon des résultats non encore définitifs du ministère de l'Intérieur, la droite obtiendrait 46,54% des voix au premier tour, la gauche 37,74% et le FN 4,65%.

"Sanctionné" : le quotidien populaire Le Parisien résume avec une photo du chef de l'Etat, les enseignements du premier tour. "Un vote sanction" pointé également par plusieurs quotidiens régionaux. Si les électeurs se défoulent habituellement contre le pouvoir en place lors des élections intermédiaires, "il est rare de le faire dans de telles proportions", écrit Ouest France.

Symbole de ce désaveu : la victoire surprise dès dimanche du candidat d'extrême droite Steeve Briois dans la ville ouvrière d'Hénin-Beaumont (nord).

En réalisant des scores supérieurs aux prévisions, le Front national s'impose pour nombre de commentateurs comme "la troisième force politique du pays" et fait voler en éclats le bipartisme droite-gauche. "Peur sur les villes", titre lundi le quotidien Libération, inquiet de la poussée du FN qui peut déjà imposer des triangulaires au second tour dans une centaine de villes où ses candidats sont en mesure de se maintenir.

- Vers un remaniement gouvernemental -

Le nombre de ces triangulaires ne sera connu que mardi après 17H00 GMT, date limite pour le dépôt des candidatures au second tour. Dans 77 villes de plus de 30.000 habitants, quatre candidats peuvent même se maintenir.

A Paris, si la candidate socialiste à la succession du maire sortant Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, semble en position de gagner au second tour, elle est cependant distancée par l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Nathalie Kosciusko-Morizet (34,4% contre 35,64%).

Les électeurs de droite se sont dans l'ensemble plus mobilisés au premier tour que ceux de gauche. Pour limiter les dégâts, la gauche devra bénéficier d'un sursaut des abstentionnistes en sa faveur. Et la droite compte sur une mobilisation de son électorat pour confirmer ses résultats.

L'heure est donc à la mobilisation au niveau local et national. Le président Hollande devait tirer les enseignements du scrutin lors d'un entretien lundi matin avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l'Elysée tandis que les tractations vont se multiplier jusqu'à mardi soir sur d'éventuelles fusions de listes pour le deuxième tour.

Le remaniement gouvernemental envisagé dès avant les élections pourrait dans ce contexte être plus large que prévu.

L'UMP réunit pour sa part son bureau politique lundi après-midi. Pour son président Jean-François Copé, "les conditions d'une grande victoire" de la droite sont réunies. L'ancien Premier ministre François Fillon a affirmé que pour l'UMP, "aucun désistement et aucune alliance ne peuvent être envisagés" avec le FN au second tour.

Le Front national réunira quant à lui son bureau exécutif dans la journée. Marine Le Pen a d'ores et déjà occupé le terrain lundi matin en énonçant le programme de son parti dans les villes conquises à l'issue du second tour: baisse des impôts, fin du "communautarisme" et du "clientèlisme".

A gauche, le Parti socialiste a appelé les électeurs à faire barrage au Front national. Jean-Marc Ayrault a ainsi estimé" que les "forces démocratiques et républicaines" devaient "empêcher" une victoire FN.

Pour Eric Decouty de Libération, "à l'UMP comme au PS, le moment est peut-être venu de redonner un peu de crédit au débat politique".

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