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Fièvre hémorragique, dont Ebola, en Guinée: répartition des cas et mesures prises

24/03/2014 09:00 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Des cas de fièvre hémorragique, dont la fièvre Ebola, ont tué 61 personnes en Guinée sur 87 cas détectés depuis janvier, essentiellement dans le Sud, et une série de mesures ont été prises pour tenter d'éviter sa propagation.

Dans un premier temps, le ministère guinéen de la Santé avait affirmé que les cas avaient été détectés "le 9 février", mais il a déclaré lundi qu'ils étaient apparus "en janvier", sans préciser de jour.

Ces cas ont été détectés dans des préfectures de "la Guinée forestière" (sud) et à Conakry (nord-ouest). La "Guinée forestière" a des frontières avec trois pays: la Côte d'Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone.

Les cas se répartissent entre les villes et préfectures suivantes: Guéckédou (60 cas dont 44 décès), Macenta (17 cas dont 11 décès), Kissidougou (7 cas dont 4 décès), Conakry (3 cas dont 2 décès).

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère guinéen de la Santé, sur douze échantillons prélevés sur des malades, six sont positifs aux filovirus - agents infectieux responsables de fièvres hémorragiques - dont trois au virus Ebola de type Zaïre. Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés. mais aussi par le contact avec des animaux infectés.

Les fièvres hémorragiques sont hautement contagieuses et mortelles, en particulier celle provoquée par le virus Ebola pour lequel il n'existe pas de traitement ou de vaccin. Ce

Des chercheurs américains ont toutefois testé sur des singes un traitement, le MB-003, qui, s'il est administré dans l'heure suivant la contamination par le virus, les prémunit à 100%. Ce taux de protection diminue plus on attend pour l'administrer.

Les autorités sanitaires guinéennes et leurs partenaires internationaux - OMS, Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et Médecins sans frontières (MSF) - ont pris ou sont en train de prendre les mesures suivantes:

- traitement gratuit de tous les malades dans des centres d'isolement,

- information des populations, par du porte-à-porte, sur les mesures d'hygiène individuelles et collectives à prendre,

- traitement spécifique des corps des malades décédés et des personnels de santé qui ont été en contact avec ces corps,

- recensement de toutes les personnes qui ont eu des contacts directs avec les malades décédés et celles présentant les signes suivants: fièvre, diarrhée, vomissement, fatigue prononcée, saignement,

- diffusion de messages de sensibilisation dans les médias, notamment à la radio et à la télévision,

- installation de centres d'isolement des malades dans les préfectures touchées,

- désinfection des domiciles des cas suspects et des personnes décédées,

- acheminement de matériels de protection individuelle et de kits d'hygiène dans les zones touchées,

- renforcement de la surveillance épidémiologique,

- arrivée attendue d'une équipe de l'Institut Pasteur de Dakar pour renforcer les capacités du laboratoire de fièvre hémorragique de l'hôpital de Donka à Conakry,

- arrivée attendue d'une équipe de l'Institut Pasteur de Lyon disposant d'un laboratoire mobile pour appuyer la confirmation rapide des cas suspects à l'intérieur du pays,

- prochaine venue d'équipes d'intervention de l'OMS et de MSF (épidémiologistes, spécialistes en prévention et contrôle des fièvres hémorragiques virales, logisticiens, gestionnaires de données, spécialistes en communication et anthropologues)devant se joindre aux autorités sanitaires guinéennes pour une gestion efficace de l'épidémie.

Pour l'instant, les frontières de la Guinée avec les pays voisins restent ouvertes, de même que les aéroports, dont celui de Conakry.

bur-stb/aub

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